le Pr Joyeux, au demeurant, affirme ne pas contester les bienfaits mais vouloir seulement combattre les « abus »

 

La radiation du professeur Joyeux pour ses propos anti-vaccins annulée en appel

Selon la décision d’appel, les pétitions du médecin Henri Joyeux « n’excédaient pas le principe de la liberté d’expression ».
Le Monde.fr avec AFP |
En première instance, le professeur montpelliérain, 72 ans, avait été radié par la chambre disciplinaire du Languedoc-Roussillon.

La radiation du professeur Henri Joyeux pour des pétitions anti-vaccins a été annulée en appel, a annoncé mardi 26 juin la chambre disciplinaire nationale de l’Ordre des médecins. Cet organe, indépendant du Conseil national de l’Ordre, a estimé que la radiation prononcée en première instance le 8 juillet 2016 n’était « pas suffisamment motivée ».

« Liberté d’exprimer son opinion »

La première pétition s’élevait contre une recommandation du Haut Conseil de la santé publique, jamais suivie par le gouvernement, préconisant d’abaisser de 11 à 9 ans l’âge de la vaccination contre le papillomavirus pour les filles.
La seconde fustigeait le remplacement du vaccin DTPolio trivalent (c’est-à-dire protégeant contre trois maladies, la diphtérie, le tétanos et la polio) par un vaccin hexavalent (protégeant contre six affections). Cette pétition signalait la présence d’aluminium comme adjuvant dans le vaccin en estimant que cela représentait un danger, ce qui n’est corroboré par aucune étude.
Selon l’instance d’appel, la première pétition « participe de la liberté laissée à tout individu dans un Etat démocratique d’exprimer son opinion sur un sujet qui le concerne ». En ce qui concerne la deuxième pétition, « la toxicité de l’aluminium comme adjuvant et la dangerosité du vaccin contre l’hépatite B font l’objet depuis plusieurs années de controverses nourries », a relevé la chambre disciplinaire nationale.
                                                   ********************
 Il est stupéfiant de constater la vague d’indignation que cette décision de justice a aussitôt soulevée dans les médias. Nombre de commentateurs, dont peu sont spécialisés dans l’information médicale, ont rivalisé d’ardeur pour déplorer l’annulation de cette sanction au motif que le professeur Henri Joyeux, Prix international de cancérologie, serait un « anti-vaccin » hautement nuisible à la santé publique, voire un « criminel » (mot prononcé sur Sud-Radio le 28 juin), doublé d’un militant anti-avortement pour aggraver son cas. Bref, un ennemi public à faire taire définitivement !  Quoi qu’on pense de la vaccination (dont le Pr Joyeux, au demeurant, affirme ne pas contester les bienfaits mais vouloir seulement combattre les « abus ») ou de l’ardeur mise par le cancérologue à promouvoir ses convictions sur le net, sa condamnation heurtait à la fois le principe de la liberté d’expression et le principe de précaution, s’agissant des effets potentiellement néfastes de l’aluminium et des 11 vaccins obligatoires décidée par Agnès Buzyn, ministre de la Santé (dont le mari, Yves Lévy, dirige l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) et vient de se porter candidat à sa propre succession).

Notons que les adversaires du Pr Joyeux s’abstiennent généralement de mentionner le soutien actif qu’il reçoit d’un autre « retraité» de la médecine, le professeur Luc Montagnier, codécouvreur du VIH, le virus du sida, et prix Nobel de médecine…  Tous deux  ont lancé conjointement «un appel urgent aux personnels et professionnels de santé" » contre l’imposition de 11 vaccinations aux enfants depuis le 1er janvier 2018, et viennent d’adresser au Président de la République une Lettre ouverte demandant que soit inscrit dans la Constitution le principe de précaution en matière de santé et de médecine. 

La selection hebdo de LSDJ