S'il manque le temps pour aimer et éduquer et la volonté de prendre ce temps, de quelle responsabilité de parents parlons-nous? Nous occupons-nous vraiment de ce qui rend nos enfants heureux?



L’autre jour je lisais dans le supplément hebdomadaire d’un journal régional la lettre poignante d’une mère qui disait à peu près ceci : 
« Notre fils, sa femme et leur bébé vivent à Toulouse. Nous nous habitons en Bretagne. 
La dernière fois que nous sommes passés dans leur ville pour affaire, il a refusé de me voir. 
Je lui ai écrit pour lui rappeler le respect qu’il doit à sa mère, il l’a très mal pris. 
Il affirme qu’il a manqué d’affection durant toute son enfance, qu’il a mal vécu son adolescence et qu’il est malheureux aujourd’hui. Son père et moi travaillons, nous n’avons pas été assez disponibles, c’est vrai, mais notre fils et notre fille ont fait leurs études jusqu’à bac + 9, ont leur permis, une voiture, un appartement. 
Je souffre de son immaturité et de son agressivité. Nous sommes près d’une rupture dont nous ne voulons pas. »

La réponse de la psychologue m’a paru pleine de bon sens : « La paternité  a peut-être permis à votre fils de réaliser certaines choses de sa propre enfance car le fait d’avoir un enfant réactive le passé. 
Vous dites vous-même que vous n’étiez pas toujours disponible. Même si vous avez donné à votre fils tout le confort matériel et même plus, il semble que son besoin essentiel de présence maternelle n’ait pas été comblée. 
Il n’est pas question de vos culpabiliser, à l’époque vous étiez accaparée par votre travail et vous pensiez faire le mieux possible pour vous enfants.

Mais aujourd’hui votre fils, devenu père, trouve le courage de vous parler de ses manques. 
Écoutez-le, acceptez sa souffrance et montrez-vous enfin aussi disponible qu’il l’aurait souhaité quand il était petit garçon. Vous lui prouverez ainsi que vous êtes capable de vous remettre en cause et que vous l’aimez suffisamment pour reconnaître vos erreurs. »

B.J.