Ma vie, nul ne peut me l’enlever, c'est moi qui la donne.

Ma vie, nul ne peut me l’enlever

Tant de mots ont été écrits depuis qu’un souffle d’admiration et de reconnaissance infinie nous a saisis. Tant de mots justes ont été écrits ou prononcés, que je pourrais me retirer derrière ceux du Président, ceux de Jean-Luc Mélenchon ou ceux de François-Xavier Bellamy, ceux de Marielle Beltrame ou de Jean-Pierre Denis. Derrière le choix de François Sureau qui, pourtant, manie les mots : le silence, le recueillement tant aucun mot ne traduira jamais la portée du geste du colonel Arnaud Beltrame. Mais je ne conçois pas que ce blog reste silencieux.
Emmanuel Macron l’a dit ce matin : « Dès que nous eûmes appris son geste, à l’issue incertaine, nous tous, Français, avons tremblé d’un frisson singulier. L’un d’entre nous venait de se dresser. » Nous avons tant besoin de nous lever contre le « morne relativisme » qu’il a relevé encore, contre ce « calcul coût-bénéfice » qui affadit nos jours. Encore peut-on penser que, dans un tel calcul, Arnaud Beltrame avait plus à perdre pour lui-même en restant à l’extérieur : son honneur peut-être, sa dignité, le sens de sa vie. Son exemple nous invite à les placer, nous aussi, au-dessus de notre vie même, puisqu’il y a pire que de mourir : mener une vie absurde.

Arnaud Beltrame a porté le plus beau visage de la France. Oui, par sa mort, il a vaincu le mal, comme l’a dit Jean-Luc Mélenchon, dans une formule que les chrétiens auront bien entendue. Non que ce mal, l’islamisme rampant qu’a visé le Président de la République, ne rôde plus. Il est là pour longtemps. Mais Arnaud Beltrame l’a recouvert du manteau du Bien, il lui a imposé le silence. Nous avons trop souvent donné visage et nom aux meurtriers. Cette fois, l’assassin retourne au néant. Nous ne retiendrons que le nom de ce Français, de ce gendarme qui, tous, nous élève et nous rappelle pour quoi nous pouvons nous battre.

Quelqu’un s’est souvenu de cette phrase des djihadistes : « nous aimons la mort comme vous aimez la vie ». Si vous voulez. Arnaud Beltrame a montré que nous pouvons aimer assez la vie des autres pour s’avancer sans arme face à un assassin fanatisé, dans l’espoir de la sauver. Vos « martyrs » trouvent la mort en assassinant des innocents, les nôtres la trouvent pour les sauver. La mort emporte vos « martyrs », les nôtres trouvent la Vie.

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