« Je le dis une fois pour toutes : j’aime la France (...). Sans distinguer entre ses vertus et ses défauts, entre ce que je préfère et ce que j’accepte moins facilement. » Michelet


 C’est la raison pour laquelle, sans emboucher les trompettes d’un patriotisme cocardier d’un autre âge, il n’y a rien de honteux à demander à l’histoire de transmettre de génération en génération un amour vrai, profond et sincère du pays – une fierté sans agressivité –, comme le font d’ailleurs la plupart des autres nations.

Oui, il s’est bien forgé une identité nationale au cours des siècles, une identité ouverte, évolutive. Celle-ci s’est façonnée autour de quelques piliers fondateurs : un Etat central propice à l’épanouissement de la nation, incarnant la justice au service du bien commun, défendant une laïcité ne reniant pas ses racines chrétiennes ; un Etat marqué par des valeurs universelles, permettant l’assimilation des peuples et des cultures, ce qui nous éloigne de tout « rétrécissement identitaire »
En dehors de certaines périodes obscures, la France a été un pays largement accueillant envers les étrangers, mais son génie propre a consisté à fondre dans un unique et même creuset les apports extérieurs.

Jean-Christian Petitfils (historien et écrivain) 
Le Monde - 19 mars 2018