Couple et sexualité



Il y a deux grands écueils.
Le premier est de tout réduire à la sexualité. Ni le mariage, ni le célibat consacré, ni la sexualité épanouie ne combleront pleinement les désirs profonds de nos cœurs. Aimer, cela s’apprend, c’est exigeant !
L’autre écueil est l’inverse, le désespoir vis-à-vis de la sexualité, il faut affirmer que notre corps avec sa sexualité est un cadeau (...) , une magnifique force de vie qui, ajustée et vécue paisiblement, est source d’épanouissement.

 Le bon sens,(...)  met en garde contre une recherche égoïste et absolue de plaisir. Le plaisir doit être considéré soit comme un moyen en vue d’un bien plus grand que lui, soit comme une récompense.
Considérer le plaisir uniquement comme une fin en soi provoque des désillusions et diminue le plaisir lui-même. Le but est le bien de l’autre, son bonheur. Si je me donne à l’autre en voulant son bonheur, mon plaisir et le sien seront augmentés et vécus comme un épanouissement, signe d’une joie qui ne s’arrête pas au plaisir mais rejoint la personne.
 (...)
La psychologie de la vie sexuelle nous apprend que nos pulsions ne sont pas toujours d’origine sexuelle au sens d’un besoin que notre corps exprimerait, d’une tendance instinctive à la reproduction. Plus souvent, et plus fondamentalement, elles expriment un besoin d’être aimé, valorisé ou reconnu. Elles peuvent donc trouver des réponses en dehors de la relation sexuelle elle-même. D’ailleurs, même dans le mariage, quelqu’un qui croirait que seule la relation sexuelle comblera son désir profond d’être aimé serait déçu.
(...)
Le corps impatient risque d’empêcher l’expression d’autres besoins, d’autres désirs. Se précipiter peut également diminuer la liberté ou le discernement. Se donner à l’autre signifie lui donner son corps, mais pas seulement dans la relation sexuelle, dans le service, les multiples délicatesses de la vie quotidienne. Céder à l’impatience des corps est parfois aussi se priver de l’émergence de certaines paroles. 
Mais le plus difficile à donner, c’est le temps ! Se donner à l’autre, c’est aussi inscrire l’amour dans le temps et la fidélité. Seul le mariage propose toutes ces dimensions (...)

Par ailleurs, pour être un bon époux, il faut avoir appris auparavant à être un bon célibataire, à se gérer soi-même, à apprivoiser sa sexualité. La recherche d’une vie de couple trop rapide masque souvent la peur de la solitude. Pour bien vivre la vie de couple, il faut aussi avoir appris la solitude ! Je pense, pour ces raisons, qu’attendre, qu’apprendre, est nécessaire, et donc que c’est possible.

Emmanuel Gobillard FC 17 avril 2018