MARIE DORIN-HABERT : Bravo la championne!

Voilà, c’est fini… L’histoire a été belle mais le livre s’est refermé pour de bon...
MARIE DORIN-HABERT : Voilà. On peut toujours nourrir quelques regrets mais ce n’est pas mon cas. Une carrière peut s’améliorer à une balle près. Moi, je n’ai aucun regret car je suis sur le déclin physiquement depuis 2016 mais surtout cette année. Je pense avoir fait le tour de la question. J’ai du mal à repartir de la maison maintenant, de devoir dire à ma petite que je repars, de devoir justifier ces départs et de lire la déception dans ses yeux. Je vibre aussi moins par le ski et j’ai plein d’autres projets derrière qui prennent de plus en plus de place. Je me dis qu’il y a un "après" et que celui-ci va être sympa.
Pourquoi n’êtes-vous pas allée aux finales de Tyumen ?
M.D.-H. : Je n’en peux plus en fait. Ce n’est pas le froid, la distance. En plus, j’aime bien la Russie. On peut toujours prendre un départ… mais il fallait repartir. Aux JO, je suis partie trois semaines et demie. Adèle (sa fille) est venue à Oslo et je lui avais dit que je ne partais plus. Si je partais en Russie, je partais aussi pour le Tournoi des Douanes et le championnat de France. Les douaniers repartent directement en Italie pour ce Tournoi. Je ne me voyais pas repartir deux semaines de plus. C’est long dans la tête d’une petite fille… Et même dans la mienne. 

Cet hiver a été éprouvant… Et le plaisir a rarement été au rendez-vous. Quand avez-vous su que c’était bientôt la fin ?
M.D.-H : En fait, je l’ai su rapidement et puis c’est un ensemble de choses. Du mal à partir de la maison en est une. Le biathlon ne me fait pas autant vibrer qu’avant. Même les victoires ont perdu un peu de leur saveur. Je me sens moins vivre à travers ça maintenant. Quand on est moins bien physiquement, on n’a plus l’impression de gérer sa course. Et ça, c’est difficile car on va quand même loin dans la douleur. On a moins d’emprise et on subit tout le temps. Quand on fait 10e alors qu’on a connu les podiums, c’est difficile. La joie et l’excitation de jouer devant, je n’ai connu que ça qu’une fois cette année et c’était aux Jeux.
Anais Chevalier, Marie Dorin Habert, Justine Braisaz et Anaïs Bescond lors des JO de Pyeongchang
Anais Chevalier, Marie Dorin Habert, Justine Braisaz et Anaïs Bescond lors des JO de PyeongchangGetty Images
Les JO auraient pu vous faire changer d’avis ? Faire renaître une petite étincelle ?
M.D.-H. : J’ai trouvé un regain d’énergie sur les JO. J’avais un bon niveau de ski qui m’a permis d’aller jouer devant. Sur toutes les autres courses, c’était plus compliqué. Mais je suis franche : mon corps était à bout. J’ai tenu car les Jeux étaient l’objectif de l’année et même depuis deux ans. Après, on a fêté ça. Et puis avec le décalage horaire, le corps n’est pas reparti. Tout simplement.
Cette présence aux JO a semblé miraculeuse au vu de votre hiver. Deux semaines avant Pyeongchang, même votre mari Loïs, qu’on peut croiser dans les locaux d’Eurosport, n’y croyait plus beaucoup…
M.D.-H. : Mais moi non plus. Ça aurait été horrible, mais je m’étais préparée mentalement à finir ma carrière à Antholz-Anterselva (fin janvier). Ce n’était pas de l’anti-JO mais je ne serai pas partie aux Jeux pour être remplaçante. Parce que je ne serai pas partie loin de ma fille quatre semaines pour être remplaçante. Après chaque personne fait comme elle veut mais j’aurais trouvé légitime que je dise à la Fédé que je ne veux pas y aller comme remplaçante et qu’on me dise en retour : 'Ok, mais on ne t’emmène pas sur la fin de la saison'. C’était clair pour moi.
282 départs en Coupe du monde, 28 podiums, 7 victoires, 6 médailles mondiales, dont 4 en or, 4 médailles olympiques. 

Retraite de Marie Dorin-Habert : "Mon corps était à bout" - Eurosport

https://www.eurosport.fr/biathlon/retraite-de-marie-dorin-habert...a.../story.shtml
Il y a 1 jour - COUPE DU MONDE – De passage dans les locaux d'Eurosport ce week-end, Marie Dorin-Habert nous a accordé un long entretien. La biathlète, qui a mis un terme à sa carrière, n'éprouve pas le moindre regret et reconnaît avoir perdu la flamme. La Française se tourne désormais vers d'autres objectifs et ...