La "mort sociale", c'est une expression très violente, pour une situation qui l'est tout autant : pas d'amis, pas de famille, pas même de voisin à qui parler. Selon une étude de l'association Les Petits frères des pauvres, publiée fin septembre, 300 000 personnes de plus de 60 ans sont dans cette situation en France. France Inter



De Stéphane Duté:
Je voulais partager avec vous un article intéressant de FranceInter.fr paru il y a deux jours et que vous pourrez lire en cliquant sur le lien en bas de page.
Après des années d’idéologie (socialisme puis libéralisme), nos sociétés contemporaines commencent à payer le prix fort de la liberté mal comprise, laquelle n’est rien d’autre qu’un individualisme exacerbé confinant à l’égoïsme.
Dans cet article, on apprend que la Grande-Bretagne vient de créer un secrétariat d'Etat destiné à lutter contre la solitude. En Angleterre, 200 000 personnes passent souvent un mois sans parler à personne. En France, cela n’est pas mieux : 300 000 personnes de plus de 60 ans sont en situation de "mort sociale". Et il y a peu de raison qu’il en aille différemment au Canada, en Belgique, en Suisse ou dans tout autre pays occidental.
Jusqu’à ces dernières années, en France, l’Etat avait remplacé Dieu, au point de se donner lui-même ce nom curieux : Etat Providence, c’est-à-dire «Etat-Dieu !»
Les anglo-saxons ne sont pas allés jusque-là. Le « Welfare State » se traduit plutôt par « Etat bien-être ».
Et il est vrai que l’Etat peut donner de l’argent, du travail ou une maison.
Mais peut-il donner de l’amour ? Evidemment que non. Et c’est précisément pourquoi ce terme « Etat Providence » est l’un des pires mensonges de notre époque.
Mais aujourd’hui le masque tombe. L’Etat, les Etats occidentaux n’ont plus d’argent. Et ces millions d’individus à qui l’on a menti pendant des dizaines d’années se retrouvent seuls.
Seul ? Pas tout à fait quand même. Car il reste les chrétiens pour aider les plus fragiles. Comme toujours…
Et ce n’est pas le moindre des paradoxes que de voir France Inter, grand pourfendeur de l’Eglise s’il en est, reconnaître que sans les « Petits frères des pauvres », Gérard, 61 ans, serait toujours dans la rue….
Je vous invite vraiment à lire ce court article.
Amicalement
Stéphane Duté 
https://www.franceinter.fr/societe/faut-il-creer-un-ministere-de-la-solitude-en-france 
Faut-il créer un ministère de la solitude en France ?
Publié le lundi 22 janvier 2018 à 6h56 Le Monde
La Grande-Bretagne vient de créer un secrétariat d'Etat destiné à lutter contre la solitude. En Angleterre, 200 000 personnes passent souvent un mois sans parler à personne. Chez nous, ce n'est pas mieux : 300 000 personnes de plus de 60 ans sont en situation de "mort sociale". 
Gérard, 61 ans, a passé près de quatre ans seul dans son appartement à Paris © Radio France / Margaux Stive
La "mort sociale", c'est une expression très violente, pour une situation qui l'est tout autant : pas d'amis, pas de famille, pas même de voisin à qui parler. Selon une étude de l'association Les Petits frères des pauvres, publiée fin septembre, 300 000 personnes de plus de 60 ans sont dans cette situation en France. 
"Une forêt dont vous ne trouvez pas la sortie"
C'est ce qui est arrivé à Gérard, 61 ans, qui vit à Paris : "La solitude, pour moi, c'est parce que je suis tombé malade, et que j'ai été cambriolé ensuite. Je n'osais plus sortir. J'ai passé près de quatre ans enfermé, sans ouvrir le rideau ni les portes, sans que personne ne rentre. Vous êtes comme dans une forêt dont vous ne trouvez pas la sortie". 
Ce long tunnel, il a fini par en sortir grâce aux bénévoles des Petits frères des pauvres : "C'est comme si j'avais retrouvé un semblant de vie, un semblant de dignité. C'est là que je me suis remis un peu à vivre". En France, ils sont 12 000 à être accompagnés par des bénévoles. Un chiffre qui ne cesse d'augmenter, et des associations qui se sentent aussi bien seules.
"Ce sujet n'a pas l'air d'intéresser le gouvernement"
"Au moment même où la Grande-Bretagne annonçait la nomination sur la lutte contre l'isolement, le ministère d'Agnès Buzyn annulait pour la quatrième fois son rendez-vous avec nous", déplore Armelle de Guibert, déléguée générale des Petits Frères des pauvres. "Ca se passe de commentaires, ça veut dire que ce sujet n'a pas l'air d'intéresser le gouvernement actuel". 
Un gouvernement dans lequel aucun poste n'est dédié spécialement à la question de la vieillesse et de l'isolement. L'association demande donc, un peu sur le modèle britannique, la création d'un délégué interministériel sur ces questions