"Rester au cœur de leur foyer au moins quelques années, elles savent pour qui et pourquoi elles le font. "




J’ai cherché les mots les plus légers, les plus jolis pour vous faire un tableau de la France comme je voudrais qu’elle soit, mais je n’y suis pas arrivée. Profondément je pense que la France ne va pas bien et que la France ne va pas bien parce que ses familles ne vont pas bien.

Au gouvernement, dans les médias ou dans chaque corporation on vous trouvera bien des raisons à ce malaise, à ce mal être, mais ce seront des raisons de spécialistes, des raisons vues par le petit bout de la lorgnette, des raisons  qui touchent à un seul aspect de la vie alors que c’est toute la vie des Français qui est malade.

L’homme ne va pas bien, la femme ne va pas bien, les enfants ne vont pas bien. Chacun a déserté son rôle premier, son devoir d’état. Je crois qu’il faut arrêter de faire l’autruche et de dire que les choses sont égales entre elles. Ce n’est pas à la mode mais qu’est-ce que la mode lorsque c’est la vie qui est en jeux. Non, l’homme et la femme ne sont pas interchangeables.  Un enfant nait d’un père et d’une mère et c’est auprès de ce couple qu’il trouve bonheur et équilibre. Et il le trouve lorsqu’il est considéré comme un être humain à part entière qui mérite pleinement le temps que ses parents refusent aujourd’hui de lui consacrer.

Aujourd’hui en France, l’homme n’est plus le guide et le protecteur de la famille et la maison s’écroule. La femme n’est plus le pilier du foyer et les familles se disloquent. Quant aux enfants dans la maison déserte et désertée, ils n’ont plus personne à aimer et comment pourraient-ils bien grandir sans amour ? A-t-on encore la possibilité de dire ça ? Je n’en sais rien ce n’est pas à la mode et ce n’est pas non plus politiquement correct. Mais regardez les chiffres : les années  passent, et de ces modes et de ces lobbies nous récupérons des couples et des familles en miette, des adultes immatures, incapable de gérer leur vie et celles de ceux dont ils sont responsables, quand ils ne sont pas dangereux ou complètement dépressifs. Et puis il y a des morts par suicide comme on n’en a jamais eu, et encore des prisons pleines.

Ne croyez pas que je sois pessimiste non, simplement réaliste et d’autant plus optimiste que cette situation n’a rien d’irrémédiable : notre association est là pour le prouver : interrogez nos adhérentes. Leurs choix ont été difficiles et le sont encore dans le contexte que nous connaissons, mais vous aurez du mal à trouver beaucoup de regret dans leurs discours. 
Rester au cœur de leur foyer au moins quelques années, elles savent pour qui et pourquoi elles le font. 
Pour elle-même d’abord car il n’y a pas à chercher loin pour voir autour de soi ce qu’est le bonheur perdu; et puis pour leur conjoint, leurs enfants, leur famille au sens large, leurs amis, tout ceux à qui elles donnent leur temps, leur savoir et leur savoir faire et leur savoir être... parce qu' elles les aiment, comme moi, comme vous. Pas un moment de leur vie n’est perdu, parce qu’il est donné. « Ne dit-on pas tout ce qui n’est pas donné est perdu ? »

Bien sûr c’est une vie difficile, mais comme toutes  les vies, et sûrement moins difficile que celles des hommes et des femmes qui passent leur temps à courir après… après quoi ? On se le demande. Au diable l’argent et le pouvoir quand vous vous retrouvez seul !

Vous allez me dire mais elles n’ont pas le choix. En êtes-vous si sûrs ? 
Ou bien alors : qu’on ne peut rien y changer, que c’est trop tard. Est-ce bien certain ?  

Je laisse simplement ces questions en suspens. N’y répondons pas trop vite, ni de manière trop générale  et d’ailleurs, ne dit-on pas « Impossible n’est pas Français » ?
Le bonheur passe par la famille lorsqu'une maison ouverte, chaleureuse et vivante est là pour l'accueillir, sinon, il a vite fait de filer...

Brigitte Jacquelin
Auteur du "Petit manuel de la femme au foyer" - éd. le Centurion