Le bonheur des enfants - Peut-on apprendre à être heureux?




Pour un enfant, le secret de l’apprentissage du bonheur repose aussi sur la capacité des parents à lui faire connaître la réalité.


Peut-on apprendre à être heureux?
« Oui, on peut apprendre à un enfant à être heureux » , affirme Didier Pleux, docteur en psychologie du développement. 
Il insiste sur le rôle essentiel de l’éducation. « Les générations précédentes de parents éduquaient leurs enfants dans l’idée de les rendre solides, plus à même d’affronter le monde. Aujourd’hui ils veulent surtout qu’ils soient “heureux”, mais ils confondent plaisir et bonheur. 
Personne ne croit plus aujourd’hui au bonheur d’attendre et de différer sa satisfaction. Le contexte est à la consommation immédiate et à la recherche du plaisir constant. Je ne dis pas qu’il faut répéter aux enfants que la vie est dure, mais les laisser croire que tout est possible les rend vulnérables à toute contrainte. »
 
Le secret de cet apprentissage repose donc sur la capacité des parents à leur faire connaître la réalité « en jouant leur rôle de médiation à la verticale de l’enfant, en le guidant dans ses expériences, en l’aidant à s’exprimer et en étant également capable de le frustrer » , insiste-t-il. 

Autrement dit, il ne sera pas plus heureux parce qu’il a ce qu’il désire, comme l’affirme également le psychanalyste Patrick Delaroche qui observe que « les enfants sans frustrations sont très malheureux » .

Cette vision éducative du bonheur défendue par des psychologues comme Didier Pleux ne risque-t-elle pas de pointer du doigt les parents d’un enfant ou adolescent peu « doué » pour être heureux ? 
« Non, ils n’ont pas à se sentir coupables. Ce n’est pas la relation qui fait tout, c’est l’apprentissage. Au sein d’une même fratrie, un enfant pose parfois un problème. Les parents sont désemparés, disent qu’ils l’ont éduqué de la même façon que ses frères et sœurs, ce qui est sans doute vrai

Sauf que l’éducation, c’est du sur-mesure : un enfant anxieux a besoin d’être valorisé et ce n’est pas la même chose pour un enfant omnipotent à qui il est important de poser des limites. Cet apprentissage est d’autant plus difficile à effectuer que la famille est aujourd’hui très fermée sur ellemême et que les parents trouvent peu d’aides à l’extérieur » , explique Didier Pleux. 
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D'accord, pas d'accord?
« Le bonheur, c’est de continuer à désirer ce qu’on possède. » St Augustin