Hélène Bonhomme (2) par Valérie de Minvielle

 Colloque du 14 octobre 2017


Hélène Bonhomme raconte son histoire, ou comment, dans les débuts de sa vie-tsunami de mère, elle est devenue celle qu’elle ne voulait pas devenir : « j’avais la vie que je voulais avoir, mais je n’arrivais pas à l’aimer ». Elle raconte comment l’intense solitude qu’elle a vécue à ce moment-là, persuadée que quelque chose n’allait pas chez elle, l’a forcée à se redresser, et notamment à publier ses billets qui, aujourd’hui, sont attendus par une audience conséquente.

Elle nous présente les raisons de l’épuisement dont tant de femmes souffrent aujourd’hui en devenant mères.
La contraception: le fait de pouvoir choisir d’avoir des enfants suscite une forte pression : « tu l’as voulu, tu dois le réussir ! »
La comparaison » : les mises en scène des familles de nos proches sur les réseaux sociaux nous renvoient une image dévalorisante « il n’y a que chez moi que ça se passe mal ».
Les tiraillements entre les modèles des générations précédentes : Nous avons le modèle de nos grand-mères, pour qui l’épanouissement ne pouvait se faire que dans leur foyer auprès de mari et enfants, puis le modèle de nos mères, qui souvent ont cherché l’épanouissement hors de leur foyer, dans leur vie professionnelle. Aujourd’hui, nous voulons nous épanouir des deux façons !
Le perfectionnisme : c’est une quête jamais atteinte, et qui donne plus d’importance au résultat qu’aux relations. Donc source de conflits sans fin.

Le féminisme dont nous héritons nous fait croire que la liberté, c’est l’argent, donc le travail rémunéré. On ne veut plus être dépendantes de nos maris, mais l’indépendance n’a pas non plus réussi à celles qui se sont réalisées en-dehors de chez elles.
Une étude menée par l’association « Make mothers matter » sur « ce que veulent vraiment les femmes » a montré que ce que la majorité des femmes recherche, c’est la RECONNAISSANCE.

Hélène Bonhomme nous propose une troisième voie : l’interdépendance. Je dépends de toi pour quelque chose, tu dépends de moi pour autre chose. L’interdépendance entre mari et femme, l’interdépendance entre les femmes et la société, entre le foyer et le travail, entre les différentes saisons de nos vies.
Comment trouver une façon de les faire se nourrir mutuellement ?
Car oui, nous avons à réinventer le féminisme. En repensant la notion de liberté et de choix sans plus nous placer en victimes, et en nous sentant plus libres d’oser être qui nous sommes.