Chantal Delsol: " L’enfant voit tout, il devine tout. C’est une conscience qui veille."





Les sociétés occidentales postmodernes sont matérialistes et attachées spécifiquement au bien-être. Elles produisent donc nécessairement des enfants du bien-être exclusif. Mais cela ne façonne pas des humains et des citoyens capables de sortir la tête haute des épreuves de l’existence : plutôt des jeunes semblables aux héros du feuilleton « Plus belle la vie », mièvres et affolés. 

Or, apprendre à vivre consiste, non pas à accorder l’argent avec la liberté, mais à proposer une idée désirable de la vie bonne, avec les arguments attenants et le témoignage de l’éducateur lui-même.

Nietzsche parle de l’effroi qui devrait saisir tout éducateur devant la lourdeur de sa tâche et la mise en jeu de ses certitudes. Il n’y a aucune recette pour l’éducation, tout se passe dans une alchimie mystérieuse. 
L’éducateur doit donc disposer d’une bonne dose de courage, car il lui faudra courir des risques au-dessus de l’abîme (c’est pourquoi il est important d’être deux !). 

Mais il lui faut aussi vivre comme il parle. Car l’enfant voit tout, il devine tout. C’est une conscience qui veille. L’éducation repose sur la vérité, sinon elle est dénaturée.

FC -8 juin 2017 - Diane Gautret