Pour une politique familiale




Le gouvernement ne doit pas oublier la famille, cellule de base de notre société. 

Et la famille dans tout cela ? L'aurait-on oubliée ? Pourtant, elle est la cellule de base de notre société. La négliger, c'est fragiliser cette société qui pourtant a tellement besoin de repères.
 Le dernier gouvernement s'en est pris aux allocations familiales. Ce n'est pourtant pas là qu'il faudrait faire des économies car aider, soutenir la famille, est un investissement qui ne peut que renforcer le dynamisme de notre pays.

À l'heure où l'on se plaint des difficultés scolaires que rencontrent certains enfants et de l'extension de la délinquance des jeunes, il est urgent d'aider les parents. Il faut qu'ils puissent soutenir leurs enfants et qu'ainsi, par contrecoup, des liens forts se tissent entre eux et leurs enfants, liens qui s'inscriront au fond des coeurs et qui, le moment venu, seront gage d'une confiance mutuelle.

Bien sûr, ce n'est pas au gouvernement de faire fonctionner les familles ni de s'ingérer dans les relations parents-enfants, mais c'est à lui de créer les conditions pour que les familles puissent vivre et remplir leur mission en levant les obstacles qu'elles peuvent rencontrer, en les aidant à passer et à mieux vivre les moments difficiles.

Ainsi, on songe aux mères devenues seules à la suite d'un divorce ou d'un décès et contraintes d'élever leurs enfants. Les voilà obligées de trouver un travail. Celui-ci les absorbe et diminue le temps qu'elles peuvent consacrer à l'éducation de leurs petits. Ceux-ci laissés à eux-mêmes peuvent se trouver, surtout à l'âge de l'adolescence, dans des rencontres hasardeuses, subir la tentation de l'argent facile qui conduit vite à la délinquance.

La famille, c'est l'avenir du pays
« Je n'ai jamais dormi tranquille, ni travaillé tranquille », témoignait une mère de famille qui se trouvait dans ce cas. Elle précisait : « Je travaillais de nuit et, pendant toutes ces heures, je m'inquiétais de ce qui pouvait arriver à la maison où les enfants dormaient seuls. Le jour, je dormais à mon tour, mais je m'inquiétais de ce qu'allaient faire ou ne pas faire mes enfants pendant mon sommeil. »

On voit combien il est précieux d'être attentifs à ces difficultés, mais la famille est souvent considérée comme ringarde, vieille survivance d'un passé révolu. La solidarité a tendance à reculer devant l'individualisme. Pourtant, c'est la famille qui demeure le creuset de la société. On y apprend à vivre, à connaître les autres, à devenir responsable.

C'est la famille l'ultime refuge dans la difficulté. Elle devient alors une sorte de bastion et renforce le lien social. On y décline l'amour conjugal, l'amour filial, l'amour fraternel. Ces précieuses valeurs qui nous font devenir homme et femme. La famille c'est le progrès, l'avenir du pays car c'est l'initiative, la démographie, c'est-à-dire la vitalité dont dépend la prospérité économique.
Tout cela impose que la famille ne soit en rien fragilisée. Une vraie politique familiale ne pourra que renforcer le développement de notre pays et favoriser son essor. Voilà pourquoi nous attendons que ce nouveau gouvernement fasse connaître sans tarder ses orientations et ses choix sur cette question primordiale.
François-Régis Hutin 27/05/2017 - Ouest-France