Je me permets d’ajouter un sujet tabou : les économies publiques réalisées en faisant le choix de mère au foyer : pas de place en crèche, pas de cantine, pas de garderie, pas de centre aéré, pas d’absence professionnelle pour enfant malade, pas d’excès en rv médicaux pour reprendre l’école au plus vite… Claire


Petit mail reçue d'une lectrice.
Je me suis alors intéressée à la question des crèches.
Voici les chiffres récoltés sur internet... en sachant en plus qu'il y a pénurie de personnel et que souvent des places doivent rester inoccupées.

Le coût exorbitant des places en crèche. 
30.000 euros la place en crèche. Les collectivités locales doivent financer les deux tiers (le dernier tiers est à la charge de l’Etat, ndlr) pour la création de nouvelles places. Mais elles n’ont pas suffisamment de moyens et n’y arrivent pas. Le constat est toujours le même : cela coûte trop cher. Une place en crèche à construire revient à 30.000 euros. Si vous multipliez ce chiffre par 60 berceaux (taille moyenne d’une crèche), vous approchez les deux millions d’euros… C’est cher et ça prend de la place. Là où en Angleterre, on compte 5 m² pour un enfant, il faut en prévoir le double en France.
Des normes extrêmement contraignantes. "Les normes sont de plus en plus compliquées parce qu’on adore ça en France", déplore Christophe Durieux, le patron de people and Baby, une entreprise qui fait sortir de terre environ 50 crèches par an. "Les poignées de porte sont plus hautes que les poignets traditionnelles. Les portes sont des portes anti-pinces doigts comme ça, vous pouvez claquer une porte, il n’y aucun problème pour les enfants. Et en plus, tout se complique dans certaines régions qui veulent par exemple des fenêtres dans les salles de sommeil".
Le coût de fonctionnement également très élevé. Après une période de construction assez longue (3 ans en moyenne, ndlr), il faut ensuite faire fonctionner cette crèche. Là aussi, les coûts explosent. ( de 15 à 20 000 euros par an et par enfant)
Europe 1 – 10 10 2015
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Un coût déconnecté de la réalité

Pour rendre ces chiffres plus parlants, essayons d’imaginer le prix à payer, net d’aides et déductions fiscales, pour la garde en crèche de deux enfants de moins de trois ans, dans un contexte familial où les deux parents ont la chance d’avoir un travail à temps plein.  Si les enfants sont gardés 10 heures par jour, cinq jours par semaine, la somme dont les parents devraient s’acquitter et qui correspond au coût réel supporté par la crèche, serait de 2 200 euros par enfant !
Ce qui est bien au-delà du salaire médian des français estimé par l’INSEE à 1 700€ environ et qui correspond grosso modo au salaire d’un jeune cadre diplômé qui débute sa carrière. Autrement dit, la productivité de ce même jeune cadre au bout de cinq ans d’études supérieures serait même pas suffisante pour qu’il rémunère les personnes chargées de la garde de son enfant !

Un niveau de service maximal mais des tarifs échelonnés

La logique économique n’a toutefois aucune chance d’être mise à l’œuvre dans une crèche française, pour la bonne et simple raison que l’Etat a détruit dans ce domaine tout mécanisme de prix qui permettrait au consommateur, dans notre cas les parents, de choisir le niveau de service qui le satisfait le mieux. Ainsi, les crèches ayant passé un contrat avec la CAF afin de bénéficier d’une subvention, c’est-à-dire la quasi-totalité des crèches françaises, appliquent  un tarif calculé en fonction des revenus des parents et de leur situation familiale. Ainsi, pour une famille avec deux enfants le tarif à la journée peut aller de 3 euros (tarif plancher) jusqu’à 25€, voire plus si la crèche ne respecte pas le plafond de revenus fixé par la CAF. Autrement dit, le prix payé par les familles peut être plus de trente fois inférieur au coût réel !
Bien évidemment, si le tarif que vous payez est complètement déconnecté de la qualité de service comme ici, il n’existe pour vous, consommateur, aucune incitation à vouloir que le coût de revient du service soit maîtrisé. Les parents ont alors une propension à demander un niveau de qualité du service en termes d’horaires d’accueil, et de prestations annexes toujours plus élevé.

Une politique familiale globale devrait apporter une solution pérenne au problème de garde d’enfant et ceci ne se fera pas sans une refonte totale du modèle actuel. A quand la vraie réforme ?
Vesselina Garello, docteur en économie
Les échos – 25 03 2016