Fête des mères




Chers maîtres et chères maîtresses,

La fête des mères arrive et avec elle la perspective de devoir préparer ou plutôt faire faire un cadeau que chaque enfant offrira à sa maman avec joie et fierté.

Une corvée pour vous ? Peut-être, sans doute !
On s’est beaucoup moqué des colliers de pâtes et des petites mains empreintes sur un morceau de plâtre, mais je vais vous raconter une petite histoire qu’une amie m’a confiée :

« Son mari étant muté, il a fallu trouver un nouveau logement dans une autre ville. Il n’y avait pas beaucoup de choix dans la fourchette de prix qu’ils s’étaient autorisés et c’est tout naturellement qu’ils se s’étaient décidés pour un petit logement en rez-de chaussé avec jardin.

Habitait là, une vieille dame qui venait de mourir et ses enfants mettaient en vente l’appartement.
A la première visite, ce sont les deux enfants, un fils et une fille d’une bonne cinquantaine d’années qui les accueillirent. L'appartement était encore plein des affaires de la vieille dame et ils promirent de tout vider sans délais. Aucun objet ne les intéressait, ils ne voulaient rien garder. Nos amis, les voyant dans l’embarras avaient promis de les aider à débarrasser, souhaitant même garder peut-être une chose ou deux dont ils avaient besoin.

La façon dont ils parlaient de leur mère était dure. Leurs parents avaient divorcé alors qu’ils étaient jeunes et leur maman n’ayant pas supporté cet état de fait, s’était aigrie.
Ils ne la voyaient plus beaucoup, les rapports étant devenus conflictuels et sans joie.

Le jour du débarras, l’ambiance était triste et les mots durs à l’encontre de cette maman dont ils s’étaient éloignés.
Et puis, sous un lit, cachés dans une boite à chaussure, le fils a découvert bien rangés, usés à force d’avoir été manipulés tous les cadeaux de fêtes des mères offerts grâce au professionnalisme et à la gentillesse des maîtres et des maîtresses successives.
Tout y était : les poésies, les mots maladroits écrits par les petites mains malhabiles et tous les objets confectionnés. Il n’en manquait pas un. 

C’est le silence venant de la chambre qui les avait attirées, la sœur et elle. Devant le spectacle de cet homme de près de 60 ans qui pleurait devant cette boite ouverte et tous ces souvenirs étalés, elle s’était retirée sur la pointe des pieds laissant le frère et la sœur se souvenir et peut-être pardonner. »

Brigitte Jacquelin
auteur du "Petit manuel de la femme au foyer" Le centurion 9,90 €