Une triple éducation à donner


Étudiez l’enfant dans son jeune âge. Si vous le connaissez bien, vous l’éduquerez bien : vous ne prendrez pas sa nature à rebours, de travers ; vous saurez le comprendre, ne pas céder mal à propos.

Éduquez l’intelligence de vos enfants. Ne leur donnez pas des idées fausses ni de fausses raisons des choses ; ne répondez pas à leurs questions, quelles qu’elles soient, avec des badinages ou avec des affirmations menteuses, auxquelles leur esprit se rend rarement ; mais profitez de ces interrogations pour diriger et soutenir, avec patience et amour, leur esprit qui ne désire pas autre chose que s’ouvrir à la possession de la vérité et apprendre à la conquérir avec la marche encore naïve du premier raisonnement et de la réflexion à leurs débuts. Qui saura jamais dire tout ce que tant de magnifiques intelligences humaines doivent à ces lointaines et confiantes questions et réponses de l’enfance, échangées au foyer domestique ?

Éduquez leur caractère : atténuez-en ou corrigez-en les défauts. Faites grandir, cultivez les bonnes qualités, et rattachez-les à cette fermeté qui prélude à la solidité des résolutions dans le cours de la vie. (...)

Éduquez leur cœur. Quels destins, quelles dépravations, quels périls préparent trop souvent, dans le cœur des enfants qui grandissent, les admirations béates et les louanges, les sollicitudes imprudentes, les fades condescendances de parents aveuglés par un amour mal compris, qui habituent ces petits cœurs volages à voir toute chose se mouvoir et graviter autour d’eux, se soumettre à leurs volontés et à leurs caprices, et greffer ainsi en eux la racine d’un égoïsme effréné, dont les parents eux-mêmes seront plus tard les premières victimes !
Que de profondes et puissantes capacités d’affection, de bonté et de dévouement, ou d’obéissance, dorment dans le cœur du petit enfant ! Vous, ô mères, vous les éveillerez, les cultiverez, les dirigerez, les élèverez. (...)

Eugénio Pacelli, aux mères de famille.