Le Doudou




Vous gardez votre petit-fils, tout va bien, il est souriant et heureux d’être avec vous…

MAIS voilà le moment du coucher :
« Tu as là ton biberon d’eau ; Oma dort à côté, Papa et Maman reviennent bientôt, tu vas bien dormir ; je te laisse la veilleuse allumée dans le couloir ; bonne nuit mon petit bonhomme… »

Vous n’avez pas le temps d’atteindre la porte que des sanglots étouffent le gamin :
« doudou, doudou, doudou, DOUDOU !!! » ( Dédé s’il est luxembourgeois, Schmüstierel s’il est Alsacien, Wubby s’il est anglais…).

Ciel le doudou !! où est le doudou ? au fond du jardin ? dans la poussette ? dans la chaise haute ?
Vous montez, vous descendez, courez partout, appelez le grand-père au secours… Rien à l’horizon !...
Dans la caisse de jouets ? dans la voiture ? dans la dînette ? 
Calmé quand il vous voit arriver, le gamin reprend ses hurlements quand il voit vos mains vides.

Vous pensez avec une pointe de jalousie aux petits voisins qui n’ont pas ce genre de soucis, car chez eux on ne le perd jamais, le doudou de l’un… étant les oreilles de l’autre ! On le voit jouer avec sa voiture d’une main, et avec l’oreille de son petit frère de l’autre ; et il arrive que l’on entende  l’inénarrable phrase : « si ça continue, je te prêterais plus mes oreilles ! »

Si le ciel vous vient en aide, vous finissez par trouver la petite chose poisseuse et déchirée sous un fauteuil du salon, (ou en principe le gamin ne va jamais…) ; si le ciel ne vous entend pas, la nuit sera mouvementée… d’abord raconter une histoire, puis câliner, consoler, chanter, endormir le bambin et vous éloigner sur la pointe des pieds…
Bonne nuit quand même !
Véronique