Les nuits résonnent alors des chagrins du jour et des manques de la journée.


D’après la Fondation nationale du sommeil américaine, les nouveau-nés de 0 à 3 mois ont besoin de quatorze à dix-sept heures de sommeil par nuit, les bébés de 4 à 11 mois devraient dormir entre douze et quinze heures, et les enfants de 1 à 2 ans entre onze et quatorze heures.

Objet de tensions, de crispations parfois dans les familles, le sommeil cristallise de nombreux enjeux éducatifs, d’après Lyliane Nemet-Pier, psychologue clinicienne, auteur de Cet enfant qui ne dort pas :
« Toute l’éducation entre en jeu dans le sommeil, sans qu’on en prenne conscience. La frustration, l’autonomie, la séparation, le couple face à l’enfant Je reçois autant que possible les deux parents en consultation, car le sommeil est un symptôme qui oblige le père comme la mère à intervenir. Ce qui est moins le cas pour l’alimentation par exemple. »

 Dès lors, les modes de vie contemporains, les méthodes d’éducation, le manque de temps des parents pour se consacrer à leurs enfants, sont-ils autant d’entraves au sommeil du bébé et de l’enfant ? La psychanalyste pose la question très clairement dans son ouvrage :
 « Quand le temps consacré à la vie familiale se rétrécit comme une peau de chagrin, comment s’y retrouvent les bébés, les enfants et les parents ? Les nuits résonnent alors des chagrins du jour et des manques de la journée. »

Ariane Lecointre-Cloix