"Le bonheur en famille" Janilec




C’est souvent le dimanche que tout se décide. Pourquoi le dimanche ? Parce que c’est le jour où nous sommes tous ensemble et qu’après avoir été à la messe nous nous sentons en bonne forme. Le chemin du retour de l’église est en général très gai et chacun se réjouit du déjeuner qui va suivre.
Nous sommes restés fidèles à la volonté d’Henri IV et ce jour-là il y a du poulet au menu. Poulets au citron bien grillés, accompagnés de pommes de terre ou de haricots… et pour finir, en général un gâteau. Avouez qu’on aurait tort de se plaindre, on est si bien ensemble.
Ce jour-là aussi et en particulier à table les imaginations se débrident et les projets les plus fous s’installent. Beaucoup n’iront jamais jusqu’au bout, mais quelques-uns, à l’étonnement de tous poursuivront leur route jusqu’au point final.
Le plus drôle et pour l’instant le moins réalisé c’est le « Janilec’jazz band ». L’idée est partie des 4 plus jeunes qui ont réussi à faire envie aux grands avec leur musique. Ces 4 là jouent respectivement du piano ou de la flûte à bec, de la flûte traversière, de la trompette et de la clarinette. Ils s’entendent comme larron en foire et même s’ils se chamaillent tout le temps, ils réussissent à mettre au point un répertoire approprié aux évènements qui passent.
Comme ils avaient l’air de bien s’amuser les aînés ont voulu  se mettre dans le coup. L’un a décidé que la guitare serait son instrument, car tout groupe qui se mérite a besoin d’une guitare, et l’autre s’est dit que tant qu’à faire du bruit, la batterie c’était son rêve. Voilà nos deux garçons à la recherche de leurs instruments. L’un ne jure que par les occasions d’internet, l’autre plus classique s’est mis à regarder les petites annonces de son école. En réunissant leurs économies plus les cadeaux de Noël, ils ont réussi à trouver ce qu’ils cherchaient. Il ne manquait plus qu’une voix et une direction pour le groupe. Il a été décidé que notre fille aînée était tout à fait capable de tenir ces rôles… Le fait qu’elle soit pour un an aux Etats-Unis mais n’avait pas l’air de gêner leur organisation, il y aurait toujours une solution, pensaient-ils.  
Les déjeuners du dimanche de cette année-là ont été bien animés. Il fallait trouver le nom du groupe, ça j’ai déjà vendu la mèche c’est le « Janilec jazz band » qui a obtenu tous les suffrages…
Lorsqu’ils ont commencé à se chercher des noms de scènes, les fou –rire se sont généralisés. Rien de tel pour mesurer l'imagination et l'humour des enfants.
Je n’ai retenu que celui de la plus jeune qui devait avoir 10 ans et qui avait choisi de s’appeler Buffet Cramp… Inattendu non ? Il s’agit en fait de l’abréviation de la marque de son instrument chéri.
« Et voici Buffet Cramp  et sa clarinette, ça vous a de l’allure, non ? nous disait-elle ! »  … 
L’aventure n’est pas allée plus loin. 
En fait rien n’est jamais sorti de tout ça si ce n’est que tous les sept continuent à jouer et à chanter, entre eux pour le plaisir… et aux mariages de leurs cousins.
Finalement, c’est déjà ça !