Le bonheur de lire

L’enseignement formel de la lecture commence à l’école avec une “méthode”. Mais le jeune enfant commence son apprentissage de la lecture dès qu’on lui lit des histoires.

Pourquoi lui faire la lecture? D’abord parce que cela lui fait très plaisir, que cela renforce votre complicité avec l’enfant, et aussi parce que c’est ainsi qu’il apprendra sans effort des centaines de mots nouveaux, des tournures de phrases (syntaxe) qui lui permettront de comprendre des histoires de plus en plus complexes.

Lorsque viendra le moment de lire lui-même, l’enfant ayant déjà un bon vocabulaire perceptif (c.à.d. celui que l’enfant comprend, le vocabulaire productif étant celui qu’il utilise) et une oreille habituée aux textes lus, apprendra à lire avec plus de facilité. En effet, le niveau de lecture est toujours dépendant de la compréhension du langage écrit.

L’oral et l’écrit sont deux représentations d’un même langage et il n’est pas plus difficile pour un jeune enfant de percevoir un mot par la vue que par l’ouïe, à condition qu’il soit adapté à ses capacités sensorielles. Il peut donc comprendre et mémoriser aussi facilement un mot écrit qu’un mot oral et commencer à apprendre à lire de manière très naturelle à la maison ou à l’école maternelle, pourvu qu’on lui en donne l’occasion.

Comment intéresser le tout jeune enfant à l’écrit. C’est simple… Il suffit de lui donner des mots chargés d’affectivité écrits en gros caractères (ex.: prénom, papa, maman, doudou, gâteau...) Il les reconnaît avec une facilité étonnante et un plaisir évident parce qu’ils sont intéressants à ses yeux. Il en redemande dès qu’il a compris que tout peut s’écrire.

On constate -et c’est toujours avec émerveillement- qu’au fur et à mesure que l’enfant reconnaît plus de mots écrits, il remarque spontanément des similitudes (ex.: maman, mamie, miel) qu’il pourra classer avec l’aide de l’adulte et qui lui permettront petit à petit de découvrir le ‘système’.
Il s’agit donc essentiellement d’un dialogue enfant-adulte. Mais c’est l’enfant qui, du fait de sa créativité, guide la progression. L’idée est de lui permettre d’apprendre à son rythme -rapide ou lent- selon son tempérament et son style avant qu’il ne soit obligé de suivre un enseignement et une progression prédéfinis à l’école primaire.

Françoise Boulanger