Voici venu le temps de l'Avent - Conte de Noël (suite)


Il commençait à se réchauffer et se sentait mieux. Dans un demi-sommeil il percevait des bruits de vaisselle et une bonne odeur de cuisine. Il entrouvrit les yeux : il y avait de la lumière, un bon feu, une table dressée. Il croyait rêver... mais non, c'était bien vrai. Il se rappela alors que c'était le soir de Noël. Une femme était là, son enfant l'aidait. Elle était très belle, et dans la lueur des flammes son visage semblait illuminé. Elle était vêtue comme une de ces paysannes : un grand châle recouvrait ses épaules, on entendait le bruit de ses sabots sur le sol, elle portait sur la tête un bonnet de coton d'un blanc immaculé. L'enfant était blond et bouclé. Il lui fait penser au Jésus de la crèche qu'il avait offerte à la paroisse à Noël dernier. 

D'un geste, la femme l'invita à prendre place à la table. 
Il n'avait jamais vu un tel repas. Toutes sortes de charcuteries étaient disposées sur des plats en argent. Des viandes savoureuses l'attendaient et même des treuffes au lard, son plat préféré ! Un peu plus loin des tartes, des gâteaux et les fruits... une coupe pleine de cerises écarlates... oui des cerises, à cette saison ! 
De quoi nourrir tout le village ! Il n'en croyait pas ses yeux ! Il ne se fit pas prier et se servit largement. 
La mère et l'enfant le regardaient en silence. Il coupa une belle tranche de pain et la porta à sa bouche. Avant qu'il n'ait eu le temps de comprendre, l'enfant saisit le morceau et le mangea. 
Monsieur le comte était scandalisé... mais il ne dit rien. 
Il saisit un morceau de viande, mais quand il l'eut coupé, ce fut la femme qui le pris et le mangea. 
Il essaya encore avec les légumes, les fruits, mais rien à faire, l'un des deux était toujours plus rapide. Il avait pourtant si faim et il ne pouvait rien manger ! Il aurait donné très cher pour partager le maigre repas de ses paysans, même si ce soir la soupe n'était, sans doute, pas beaucoup plus épaisse que d'habitude. 

La femme et son enfant le regardaient avec une grande douceur et il sentit ses yeux se remplir de larmes. Il se leva, retourna se coucher et s'endormit à nouveau.   

A suivre...

Bernard  - L'Internaute