La "magie de Noël" pendant l'Avent.

Rendez-vous aux cinq marchés de Noël de Colmar

  • Par Annie Barbaccia 
La rue des Marchands, à Colmar.

En moins de vingt ans,  la préfecture du Haut-Rhin a fait de la période de l'Avent sa haute saison. Étonnant.
Pas de chalets mais des «maisonnettes toutes simples afin de ne pas gâcher le décor naturel», souligne Hubert Niess, le directeur de l'office de tourisme de Colmar. Fabriquées par une menuiserie industrielle locale, ces maisonnettes de bois sont des rectangles de 2 mètres sur 3. Propriétés de l'office du tourisme, elles abritent chaque année, en période de l'Avent, les 180 exposants (78 % d'Alsaciens) des cinq marchés de Noël. Vendredi dernier, elles ont repris du service, disposées à touche-touche sur les places les plus emblématiques de la ville. Jusqu'au 31 décembre, fin de leur CDD annuel, ces minivillages font étape dans la découverte du centre historique.
 
Miraculeusement épargné par la guerre, ce grand cœur - vingt bonnes minutes de marche d'un bout à l'autre - est un joyau d'architecture médiévale et Renaissance. Au point que les constructions du XIXe qui s'y sont immiscées sont qualifiées de «récentes» par les initiés… Maisons à colombages imbriquées comme des Lego, élégantes demeures de pierre avec pignons à volutes et oriels sur plusieurs étages, toutes les façades affichent une mine resplendissante. Maquillées de tons pastel ou de couleurs vives, elles composent un décor de théâtre astucieusement scénarisé à l'approche des fêtes.
Guirlandes de loupiotes dans les arbres dénudés, sapins blancs à tous les coins de rue, façades et vitrines décorées, monuments éclairés, ce vieux centre se transforme, dès la nuit tombée, en royaume enchanté. En moins de vingt ans, cette «magie de Noël», comme on l'appelle ici, a fait du mois de décembre la haute saison touristique.

 Le plus grand des cinq marchés de Noël se trouve place des Dominicains, au pied de la sobre église gothique devenue un musée (elle abriteLa Vierge au buisson de roses de Martin Schongauer, peintre et graveur du XVe siècle). Le plus petit, dédié aux enfants, donne l'occasion de visiter le quartier de la Petite Venise, au bord du canal. Du marché de la place Jeanne-d'Arc, on emprunte la Grand-Rue jusqu'à ceux, intérieur et extérieur, de l'Ancienne Douane : ce Koïfhus coiffé de tuiles vernissées est le plus ancien bâtiment (1380) de l'Alsace. Juste en face, voici le Fer Rouge, nouvelle table alsacienne ouverte l'an dernier dans deux maisons à colombages mitoyennes savamment restaurées. De là, on se faufile dans la rue des Marchands, halte obligée devant la maison Pfister (1537), une merveille de façade peinte de scènes bibliques, balcon en bois, oriels, tourelle octogonale… la totale. Et puis la place de la Cathédrale, réservée aux piétons pendant l'Avent. L'imposante collégiale (1232) en grès jaune de Rouffach règne en maître. Jeux de lumière sur la façade, clocheton en cuivre illuminé et, surprise, à l'autre extrémité du toit, un nid de cigognes et celles-ci à demeure. Au fil du temps, certains de ces oiseaux migrateurs se sont sédentarisés. On les comprend.