A qui de droit,



Lettre ouverte d’un parent à la maison: Les avantages, les inconvénients, et la situation actuelle
Je parlais dernièrement avec une journaliste de Yoopa pour un article sur les parents à la maison qui sortirait prochainement, et on s’étonnait de voir qu’il n’y a pas plus d’organisations pour les parents à la maison au Québec. Alors que le soutien aux écoles et garderies font les manchettes, ce serait bien de voir qu’on supporte notre situation et notre alternative.
Pour aider à faire la lumière sur notre situation et nos besoins, voici donc un portrait actuel de ce que c’est d’être un parent à la maison. 

Les avantages d’être parent à la maison
 Ça m’étonne toujours aussi de voir que d’être parent à la maison n’est pas un choix populaire.
Je l’attribue à la montée d’un féminisme imparfait, qui a reléguée aux oubliettes de lutter pour notre droit vital de s’occuper de nos enfants comme occupation principale au profit de l’intégration sur le marché du travail. Bien sûr, l’égalité à cet endroit est nécessaire, « On est en 2015 » après tout, comme l’a affirmé le premier ministre Justin Trudeau au sujet de la représentation égale d’hommes et de femmes dans son équipe. Mais je ne suis pas si sûre que favoriser d’abord la carrière plutôt que la famille est bon pour tous, y compris et en premier pour les enfants.

J’attribue aussi le choix du couple de retourner travailler après le congé parental à la méconnaissance des conditions pour le bon développement de l’enfance.

Car être parent à la maison selon mon expérience sur le sujet a beaucoup d’avantages.
Un des plus gros, selon notre sondage de cette année, est le niveau de bonheur qu’il permet. Le bonheur tranquille ne fait pas les manchettes, mais il est présent chez 95% des parents à la maison. Même que 81% se disent très heureux! Avoir une bonne qualité de vie et le bien-être ont été notés comme les plus gros avantages d’être parent à la maison, à 93%.

Il permet un horaire flexible, possiblement moins stressant. Les enfants d’âge préscolaire et ceux qui font l’éducation en famille n’ont pas la nécessité de suivre un horaire qui n’est pas calqué sur les rythmes biologiques. Pas besoin de stresser pour être à temps à la garderie, à l’école, à l’emploi, bref, la souplesse est un bel atout.

Il encourage des relations durables et proches avec la famille, car nous nous côtoyons davantage au quotidien. Un des aspects où il s’observe beaucoup de différences est les relations proches entre frères et soeurs – les enfants ont tout le temps et loisir de jouer ensemble, toutes catégories d’âge confondues (comme sur le marché du travail), alors que dans les milieux secondaires la ségrégation par âge est plus fréquente. Cette proximité familiale a le potentiel de faire un réseau social proche non seulement présentement mais aussi pour la vie.

Il permet de voir grandir nos enfants et les accompagner dans leurs apprentissages, au besoin. Je garde en mémoire beaucoup de moments charnières avec mes plus vieux, et j’ai hâte de les vivre avec notre petite dernière. C’est une banque de souvenirs communs pour notre famille et de soutien inestimable pour les enfants qui le vivent, rassurés que nous sommes disponibles et là pour eux.

Le lien d’attachement nécessaire au bon développement a d’excellentes conditions pour se développer. L’étude de celui-ci a démontré qu’un jeune enfant qui ne paraît pas en détresse lorsqu’il se sépare de son parent pourvoyeur principal l’est pourtant, car par exemple il y a présence de cortisol, une hormone associée au stress. Une étude récente note qu’il y a augmentation de 63% du niveau de cortisol en garderie, avec 40% classifié comme une réponse au stress. L’attitude de désinvolture affichée en garderie serait une stratégie de résilience, car l’enfant se dit qu’il s’occupera de lui-même seul si un parent ne peut le faire. Tout cela développerait plus de problèmes de comportements et des individus anxieux.

... à suivre