Une ancienne esclave de Daech refuse d’avorter : « Il est mon fils pas le leur »


 14 novembre 2016


Umm Al’aa a fait un vœu : Elle ne dira jamais son fils qui est son père. Au lieu de cela, Mohammed va grandir entouré de l’amour de sa mère et de ses demi-frères et sœurs.
Personne ne dira jamais à Mohammed que sa mère est tombée enceinte suite à un viol par un militant de Daech au moment de sa captivité. Pour Umm Al’aa, il fait partie de la famille de la même manière que ses autres enfants.

« Il est mon fils, il n’est pas le fils de Daech »
Umm Al’aa est un pseudonyme. Aujourd’hui âgée de 40 ans, elle était déjà mère et grand-mère quand l’État Islamique a pris le contrôle de sa ville natale en 2014. Alors que ses voisins ont soutenu les combattants djihadistes, Umm Al’aa et sa famille ont refusé de prêter allégeance au groupe. Ils sont alors devenus une cible.
Un jour, quelques militants se sont introduits dans le domicile familial et s’en sont pris à la fille de Umm Al’aa. Ils ont commencé à la dénuder mais l’un deux qui semblait être le chef a déclaré :
« Nous ne voulons que la mère. »
Quelques jours plus tard, alors qu’Umm Al’aa faisait son marché, des militants l’ont forcée à monter dans une voiture.
« On m’a dit de monter dans la voiture, je pensais qu’ils allaient me massacrer. »
Mais ils avaient d’autres plans.
« Tu seras notre esclave. »
Pendant un an et demi, Umm Al’aa a vécu captive, « comme une personne morte, mais ils ne m’avaient pas encore tuée ». Vers la fin de son temps en captivité, l’un des militants l’a battue et violée.
« J’ai essayé de me débattre, je pleurais beaucoup… Mais je ne pouvais rien faire. »
Au moment de sa libération, elle était enceinte d’un fils. Déterminée à tourner la page et à oublier les horreurs subies, elle donne au bébé le nom de son mari, Mohammed. Mais le bonheur de la famille réunie a été de courte durée. Son mari a été tué mardi 1er novembre, au milieu des batailles sur la périphérie est de Mossoul.
« Il m’a beaucoup aimée. Mon meilleur souvenir de lui était de voir combien il m’aimait et me respectait… Oui, nous sommes des gens pauvres, mais nous étions heureux. »
La rédaction
Source : CNN