"Le bonheur en famille" Janilec



Chanter

J’ai toujours aimé entendre ma maman chanter et je lui ai tout naturellement emboîté le pas quand je suis devenu maman à mon tour. Entre toutes les vieilles chansons françaises entendues à la maison et les chants appris à l’école ou en faisant du scoutisme, mon répertoire était large et c’est tout naturellement que lors de grands voyage en voiture, j’ai encouragé les enfants à chanter.
Quand ils sont devenus un peu plus grands nous trouvions amusant d’apprendre de nouveaux chants et notre répertoire allait des chansons des films de Walt Disney aux chants de l’histoire de France ou à ceux des marins. Pendant tout un temps ce sont ces derniers qui avaient la plus grande faveur. J’étais un peu gênée quelquefois car les paroles peuvent être assez crues et je m’attendais à devoir donner quelques explications. Mais non, les enfants prenaient les paroles comme elles venaient, comprenait ce qu’ils pouvaient et imaginaient joliment le reste. Ils se sont amusés plus tard à se raconter leur version de certains passages et c’est à mourir de rire. 

L’habitude était prise à chaque fois que nous montions en voiture de glisser une cassette dans le magnétophone et de chanter à tue-tête. On apprend vite les paroles dans ces conditions, et bientôt les enfants n’ont même plus eu besoin d’accompagnement. Souvent à la maison ou dans le jardin je les entendais chanter. Ce que je n’avais pas prévu c’est que ces airs ne resteraient pas forcément cantonnés au cercle familial et qu’il y aurait des tas d’occasions de pousser la chansonnette. 

La plupart du temps, même dans les plus belles fêtes, comme on ne connaît pas les paroles, les chants s’arrêtent assez vite et la vedette revient à celui qui peut dérouler plusieurs strophes en faisant reprendre le refrain. Les enfants avaient bien compris le système et profitaient de cet engouement de leurs amis pour les entrainer à leur tour. 

Tout allait bien jusqu’au jour où j’ai été contactée par la très gentille maîtresse de CP d’un de nos fils.
Il nous avait bien parlé d’un concours de chant, et j’avais trouvé ça très bien, pensant qu’il choisirait une de nos bonnes vieilles chansons françaises comme « trois jeunes tambours » ou « il pleut bergère ».
Le problème c’est qu’il n’a rien trouvé de mieux que d’essayer de prendre un air mâle et de chanter de sa voix fluette de petit garçon de 7 ans, : «  Vin qui pétille, femmes gentilles sous tes baisers brûlants d’amour… »

 Je vous laisse imaginer le reste. Je ne sais pas ce qu’en ont retenu les élèves mais la maîtresse elle, a tout compris et n’était pas vraiment d’accord.