Vendée Globe - Quelle course!


La sortie du chenal, un moment magique


Sortie du chenal des Sables d'Olonne
© Olivier Bourbon / M&M

Comment décrire une telle expérience ? "Unique", "incoyable", "magique"... Difficile de trouver les mots pour retranscrire les sensations que procurent la sortie du chenal, ce moment qui précède le grand départ autour du monde.
Une courte accolade et un baiser pour ses deux filles. Voilà la dernière action du skipper hongrois Nandor Fa au ponton avant de se diriger vers le chenal. Spirit of Hungary détache ses amarres sous les applaudissements. "Bonne chance Nandor!", entend on déjà. L'IMOCA s'élance à 3 noeuds. Les afficionados sont nombreux dès les premiers mètres, amassés sur les bateaux de Port-Olona. Nandor Fa se chauffe les épaules en répondant aux salutations par de grands gestes, le sourire aux lèvres.
Juste avant de se glisser entre les digues, le fan club de Vincent Riou se fait remarquer par sa ferveur. C’est ça l’esprit du Vendée Globe : on encourage tout le monde. Spirit of Hungary pointe son bout dehors dans l’arène. Les dizaines de milliers de personnes venues dès l’aube se font entendre. On se croirait dans un stade. Les cornes de brumes, les sifflets, les signes et les mots de chacun ajoutent un peu plus de magie à cet instant déjà unique.
Nandor Fa ne craque pas. Ses zygomatiques travaillent autant que ses bras. Chaque minute compte. L’instant prend aux tripes.

Stéphane Le Diraison (Compagnie du Lit-Boulogne Billancourt), lui, largue les amarres à 10h14, sous un soleil radieux. Comme Nandor Fa et 27 autres marins, il vit un moment d'exception, 20 minutes dont il se rappelera toute sa vie. Il profite de cette ferveur pour engranger une énergie précieuse en vue du défi qui l’attend. Il salue les spectateurs, un coup à bâbord, un coup à tribord. « On a beau s’y préparer, cette sortie du chenal est incroyable », confie Stéphane quelques secondes après avoir terminé de saluer la foule. Il a les yeux brillants, forcément. Comment ne pas être envahi par l'émotion. Mais pas question de se déconcentrer. Moins de 2h plus tard, il sera sur la ligne de départ de son premier Vendée Globe. Seul, au large, il repensera à n'en pas douter à tous les encouragements reçus dans ce fameux chenal, avec un rêve en tête : le remonter dans l'autre sens, en ayant bouclé ce tour du monde en solitaire et sans escale...
Olivier Bourbon et Guillaume Daumail / M&M