La revanche du cancre François Fillon


Aîné de sa famille, François Fillon est un «adolescent révolté», selon sa biographe Christine Kelly.Les bulletins scolaires de François Fillon présentent un élève dissipé, rebelle et refusant l’autorité. Le jeune Sarthois manque de redoubler sa classe de première.
Voilà qui devrait rassurer les mauvais élèves. Ses mauvaises notes ne l’ont pas empêché d’être ministre, ni Premier ministre, ni depuis hier le candidat favori des Républicains. La scolarité de François Fillon est loin d’être exemplaire, comme l’indique ses bulletins scolaires. Refus de l’autorité, comportement rebelle... Le jeune sarthois était un cancre aux yeux de ses professeurs de collège et de lycée, qui n’ont pas manqué de le signaler dans son dossier scolaire. Ce dernier a commencé à être diffusé sur Internet dès 2004, alors qu’il était ministre de l’Éducation nationale.

François Fillon s’est fait renvoyer deux fois lors de sa scolarité. La première fois, c’est lorsqu’il est collégien à l’Institution Saint-Michel-des-Perrais. La journaliste Christine Kelly revient sur cet épisode dans sa biographie François Fillon, le secret et l’ambition: «Lors d’un devoir écrit, il emporte un jour avec lui une ampoule lacrymogène qu’il lâche dans la classe en pleine composition. Tous les élèves doivent alors évacuer d’urgence. François est sévèrement réprimandé.»
Son deuxième renvoi a lieu en 1971 alors qu’il est élève au lycée Saint-Croix du Mans, par lequel sont passées des célébrités comme Antoine de Saint-Exupéry et Olivier de Kersauson. François Fillon prend la tête d’un groupe d’élèves réclamant le départ d’une professeur d’anglais, jugée incompétente.

«Démission! Démission!», lit-on alors sur une banderole. Cette manifestation, qui fait mouche dans l’institution jésuite, provoque le renvoi de François Fillon, décrit comme «turbulent et insolent». «Dans mon bureau, il a essayé de défendre ses camarades en expliquant que c’était lui l’initiateur et qu’il devait être le seul à payer», admet au Parisien Jacques Cloître, préfet des études à l’époque. François Fillon est rapidement réintégré dans l’établissement après la mobilisation de ses camarades.
En dehors du lycée aussi, François Fillon se montre perturbateur et «révolté», comme le note sa biographe: «Il se rebelle contre tout, contre l’école et contre ses parents. [...] Epris de liberté, François n’accepte pas facilement les remarques. Il n’aime pas non plus les critiques.» C’est à cette époque qu’il entretient sa passion pour l’automobile en empruntant en cachette la 2CV de ses parents.
Il passe en terminale de justesse avec un «blâme»

Au premier trimestre de sa première, il reçoit des «encouragements». Mais à la fin de son année, son bulletin est estampillé d’un «blâme», pire niveau possible après l’«avertissement». «En continuant ainsi, François est sûr d’un échec», concluent ses professeurs dans son bulletin. Il parvient malgré tout à passer en terminale. Une année où il ne brille que dans une seule matière: l’histoire-géo. Son professeur de sport remarque chez lui un «manque de virilité». En cours de maths, il est «faible et bavard». En SVT, il est «très faible» et présente de «grosses lacunes».
En dépit de ses mauvais résultats, François Fillon obtient son bac en 1972. Il envisage d’abord une carrière journaliste mais choisit finalement d’étudier le droit public à l’université du Maine, où il obtient une maîtrise en 1976. Il commence sa carrière politique la même année en devenant assistant parlementaire. Puis il est élu député en 1981. Ironie de l’histoire, il occupera en 2004 le ministère... de l’Éducation.
JM de JAEGER 21/11/2016