Vous faites quoi dans la vie ? Oh, rien, je m'occupe de mes enfants. » Pourquoi le statut de mère au foyer est-il aussi dévalorisé ? Parce que, dans la pensée commune, il n'y a rien de pire que la dépendance.

 

L'argent, c'est la liberté?

Pour toutes sortes de raisons, elles ont fait le choix de passer un maximum de temps avec leurs enfants : modèle familial, mode de garde trop cher, simplification de la logistique, congé parental… Pourtant, les mères au foyer ont du mal à éprouver de la fierté du fait de leur statut de maman à plein temps. Et ce n'est pas précisément parce qu'elles ne créent pas de valeur financière (bien que le féminisme traditionnel soit un féminisme matérialiste : dis-moi ce que tu gagnes, je te dirai qui tu es). S'il est honteux d'être mère au foyer, c'est parce que, dans cette conception primitive du féminisme, l'argent, c'est la liberté.
Aujourd'hui, il n'y a rien de plus mal vu que de dépendre financièrement de quelqu'un. Voilà ce qui est valorisé : « moi toute seule ». Se débrouiller seule, ne dépendre de personne. Surtout, n'avoir besoin de personne.

Dépendance ou interdépendance?

« Être une femme au foyer reste un choix, et il est respectable, disait Sylviane Agacinski. Mais c'est un choix qui n'est pas compatible avec la démarche de libération des femmes. » Voilà la mentalité dont nous sommes les héritières.

La mère au foyer, et par extension les tâches relatives à la maternité sont la partie émergée d'un immense tabou : l'interdépendance dans le cadre familial… et au-delà. Car si une femme dépend de son conjoint financièrement, son conjoint ne dépend-il pas d'elle dans d'autres domaines moins matériels et plus humains ? La liberté, est-ce se sécuriser en faisant cavalier seul, ou bien est-ce prendre le risque de pourvoir aux besoins de l'autre, tandis qu'il pourvoit à mes besoins ?

« Oui, mais en cas de divorce ? »

« Les mères au foyer ne peuvent pas se permettre une séparation, au risque de se retrouver à la rue ! » En effet. Mais cela signifie-t-il que pour s'assurer leur avenir, les mères doivent être privées du choix de s'occuper de leur progéniture ? Quand la politique familiale prendra-t-elle enfin le chemin de la protection de la maternité et de la valorisation des années passées au foyer ?


En 2012, Hélène Bonhomme vit la naissance de ses jumeaux comme un tsunami. Se sentant un peu désarmée face à cette vie de maman dont elle avait pourtant rêvé, elle décide de partir à la recherche de contenus pertinents sur l'art d'être une maman qui aime sa vie au XXIe siècle. C'est ainsi que voient le jour le site Fabuleuses au foyer ainsi que le livre collaboratif illustré « Il y a une fabuleuse dans chaque foyer » (Première Partie, 2015). Son deuxième livre, « C'est décidé, je suis fabuleuse, petit guide de l'imperfection heureuse », vient de paraître.