« cette réforme visait surtout à faire des économies ».

Malgré la réforme du congé parental, les pères au foyer sont rares

Comme le constate Force ouvrière, "les couples ne peuvent pas se permettre de laisser celui qui gagne le plus s'arrêter". Or, c'est souvent le père.

Publié le | Le Point.fr
Un père avec son enfant
Un père avec son enfant © Anne-Sophie Bost/ Anne-Sophie Bost
Le nombre d'enfants gardés à domicile par leur famille a nettement chuté en 2015 sous l'effet de la réforme du congé parental, qui peine à convaincre les pères. Selon une étude conduite par la Caisse nationale d'allocations familiales (Cnaf), la prestation partagée d'éducation de l'enfant (Prépare) entrée en vigueur le 1er janvier 2015 n'a pas convaincu les hommes.

Force ouvrière dénonce une mesure qui sert « surtout à faire des économies »

La réforme de la politique familiale, issue de la loi de 2014 pour l'égalité réelle entre les femmes et les hommes, a modifié la durée de versement des prestations du congé parental. Pour un enfant né après le 1er janvier 2015, les parents, qui avaient droit à six mois de congé, peuvent prendre six mois de plus à condition que ce soit le second parent qui en soit bénéficiaire. À partir de deux enfants, la durée du congé reste de trois ans, à condition que six mois au moins soient pris par le second parent, sinon elle est raccourcie à deux ans et demi.

Cependant, la faible évolution de la part des pères (+ 1,87 %) qui prennent ce congé a pour effet de réduire le nombre de familles couvertes par cette prestation (- 43 800). La mesure d'incitation n'a donc, pour le moment, pas eu l'effet escompté, sauf en ce qui concerne la baisse des coûts, dénonce dans un communiqué le syndicat Force ouvrière. Car, pour le syndicat, « cette réforme visait surtout à faire des économies ». « Les couples ne peuvent pas se permettre de laisser celui qui gagne le plus s'arrêter (le plus souvent le père) », souligne le syndicat
. « Faute de modes de garde accessibles, le congé est alors soit écourté soit poursuivi sans allocations. »