Nice : après le temps de la cécité volontaire, réapprendre à défendre ce qui nous est précieux

Aucune liberté ne vaut sans responsabilité, estime Caroline Galactéros. Face à des dirigeants politiques tétanisés, l'exécutif de 2017 devra aller au choc face à un islamisme radical dont Daech est seulement la face la plus spectaculaire.

Pour tous ceux qui tomberont encore, ouvrir les yeux en grand, prendre courage et aller au choc.
Pleurer nos morts et ceux, touristes étrangers, qui ont chez nous perdu la vie, Oui. Se recueillir et leur rendre hommage, évidemment. Mais pour eux, pour tous ceux qui tomberont encore, passer enfin des paroles aux actes. Ouvrir les yeux en grand, prendre courage et aller au choc. 


Un choc de lucidité en premier lieu.

Il ne s'agit pas d'accabler nos dirigeants. Mais sans doute doit-on les exhorter à quitter enfin les hauteurs de leurs certitudes satisfaites pour se confronter à la triste réalité. Nous ne sommes pas à bord du Titanic prêt à sombrer, regardant l'eau qui monte en état de sidération. Nous sommes la France. Nous pouvons encore redresser la barre. Il faut juste le vouloir enfin et le faire avec courage, lucidité et méthode. Des vertus qui paraissent en perdition elles aussi.

D'abord le diagnostic.
Le terrorisme islamique ne frappe pas seulement la France, pas seulement l'Europe. Il frappe le monde entier.
Notre pays est frappé plus massivement que d'autres. Pourquoi ? (voir l’aricle complet ci-dessous)

Le pronostic ensuite. Il est très sombre si l'on persiste à ne pas mesurer la profondeur de l'emprise du mal sur notre société. Il y aura d'autres camions, d'autres voitures piégées ou folles, d'autres attaques kamikazes dans nos écoles ou nos bâtiments publics les plus symboliques. Il y aura toujours pire.

Le choc de l'action enfin.

Les symboles importent mais ne suffisent pas. Jamais. Après ce nouveau carnage il faut mettre en actes une politique ferme et sans pitié. Il faut enfin faire preuve d'autorité.
Le manque de moyens? Evidemment. Il en faut plus, beaucoup plus pour traquer, déjouer et répondre à la violence qui cible notre pays.
Mais les moyens ne suffiront pas. (...)
Il faut en tout cas donner des ordres clairs et des règles d'engagement adaptées qui libèrent le courage et l'initiative de nos forces policières et militaires sur le territoire national. Il faut étendre le dispositif, le rendre très mobile, aléatoire et extrêmement coordonné. Il faut en finir avec les querelles territoriales des services de police et de gendarmerie, comme avec l'inhibition et cette autre schizophrénie du pouvoir qui parle de guerre, dénonce l'innommable, multiplie les déclarations martiales et se gargarise d'avoir assuré la sécurité de l'Euro (...)
Comment, dans un tel contexte, croire encore possible d'exorciser le mal en le niant?
La guerre, que d'aucuns refusent même de nommer, est sans trêve. La France est ciblée car elle a peur. Peur de prendre des mesures répressives symboliques. Or, quel que soit le rapport de force, ce sont toujours les forces morales qui assurent la victoire.

Réapprendre à mourir pour vivre enfin.

Réapprendre ce qui est précieux, ce qu'il faut aimer, le prix des idéaux. (...)
Nous sommes arrivés au stade terminal de la cécité volontaire, du déni de réalité, de la croyance dans le pouvoir des seuls mots, du refus de tirer les conséquences politiques d'une impuissance trop longtemps supportée voire encouragée.

A la guerre comme en amour, la peur n'évite pas le danger. Il faut assumer ce que l'on est, ce que l'on veut être. On peut résister à la tentation ou y succomber, mais en connaissance de cause. Aucune liberté ne vaut sans responsabilité.
Caroline Galactéros
Docteur en Science politique et Colonel au sein de la réserve opérationnelle des Armées, Caroline Galactéros est directrice du cabinet d'intelligence stratégique «Planeting».

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Pleurer nos morts et ceux, touristes étrangers, qui ont chez nous perdu la vie, Oui.