«Les veilleurs» ont été chassés de Nuit debout à Paris par des «antifa» ultra-violents. Derrière cet épisode, Alexandre Devecchio voit l'émergence d'une «génération zombifiée» qui donne libre cours à ses pulsions nihilistes.



(...) Les yeux exorbités, le visage déformé par la haine, une horde sauvage de punks à chien, armée de barres de fer, de tessons de bouteilles, et de poings américains, débarque pour en découdre. Les intrus, qui tentent de résister pacifiquement, sont rapidement encerclés, et pour certains, en particuliers les plus âgés, roués de coups. Les journalistes présents qui tentent de prendre des photos sont immédiatement menacés. Les passants, indifférents profitent du «spectacle» en sirotant une bière comme devant un match de foot, tandis que la police arrive après la bataille. Certains observateurs jugent l'épisode anecdotique et renvoient dos à dos «Veilleurs» et «antifa». C'est faire fi de la brutalité effrayante des assaillants. La scène, loin d'être insignifiante, témoigne au contraire de la déliquescence d'une partie de la jeunesse et de la gauche.
Derrière des slogans aussi élaborés que «Cassez-vous les fachos!» ou «connards d'homophobes!», ces militants radicaux qui se revendiquent de Nuit debout cachent mal leur vacuité idéologique. La déconstruction soixante-huitarde s'est muée en désintégration. L'anarchie joyeuse de la génération Cohn-Bendit en rage destructrice de la «génération radicale». Le gauchisme culturel en inquisition vociférante. Au nom de la liberté, ces sans-culottes post-modernes font régner leur terreur. Au nom de l'antifascisme, ces résistants autoproclamés imposent leur loi. Leur combat politique n'est qu'un prétexte pour donner libre cours à leurs pulsions de violence. S'ils ne sont pas armés de kalachnikovs, leur mélange de fanatisme et de nihilisme est le même carburant que celui des pantins de Daech, décérébrés par le consumérisme et manipulés par les salafistes. Cette «nuit des morts-vivants» témoigne de la fragmentation inquiétante de la jeunesse française et de l'émergence d'une génération «zombifiée».