France – Islande : quand l’arme des faibles fait trébucher les grands

EURO 2016 - Malgré les différences qui se creusent il y a toujours un Leicester, un Costa Rica et maintenant une Islande pour faire trébucher les grands. Quelle est l’arme des faibles pour toujours triompher ?


Il est difficile de trouver nation plus minuscule que l’Islandaise mais il y a bien quelque chose de la Céleste de 1924 dans l’unanimité des éloges adressés à ses préparateurs (cf. l’inflation galopante des reportages consacrés au "miracle islandais") capables de se jouer des contraintes climatiques, démographiques et économiques comme Ulysse de la surveillance de ses geôliers. Là où chez nous, on ne jurait plus que par la concurrence (toujours "saine") entre joueurs au profil similaire, à l’agressivité ("dans le bon sens du terme") qu’il fallait à tout prix démontrer, à la nécessité de s’adapter (d’improviser ?) et de vivre, en somme, dans une sorte de Big Brother permanent où le plus minuscule contre-temps pouvait remettre en question toute l’architecture tactique de l’équipe, on avait là, juste sous nos yeux, l’exemple venu contredire parfaitement chacun de ces principes réputés pourtant incontestables.
Invariable onze titulaire (pratiquer la concurrence en Islande serait du suicide), défendre intégralement en zone (privilégier l’interception au duel, la passe au dribble), une préparation tactique irréprochable (des séances de vidéos plutôt que des sessions de VTT), utilisation des touches dans le camp adverse comme d’une occasion de but (en harcelant la défense centrale de ballons flottants) et un état d’esprit dont la sérénité (aucun joueur suspendu pour ce 1/4 de finales en dépit des neuf joueurs déjà avertis) fait l’admiration de tout amateur enthousiaste et bienveillant.

L’Islande aux mille ruses

Au fond, ce qu’il y a de délicieux à admirer chez ces hommes aux trognes de Wisigoths sympathiques c’est que, tout en contredisant frontalement nos "modernes" auto-proclamés, ils rendent au football sa profondeur poétique et créative. 
Si l’odyssée d’"Ulysse aux mille ruses", comme l’écrit Homère, était parvenue jusqu’à nous en dépit des infinis obstacles que son récit avait rencontrés, c’est qu’il y avait dans cette vieille histoire, comme dans l’Uruguay de 1924 ou l’Islande de 2016, une vérité cachée mais audible par-delà les époques. Le héros était parvenu à rentrer chez lui en dépit des vents contraires et des dieux en colère en faisant usage de la seule arme à la fois humaine et inépuisable. 

L’arme du faible est bien la même que celle du poète et de l’aventurier, c’est l’ingéniosité. 

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