Établissements «hors contrat» : vive la liberté scolaire !



Depuis 1959, la loi «Debré» affirme que «l'Etat proclame et respecte la liberté de l'enseignement et en garantit l'exercice aux établissements privés régulièrement ouverts».
La Ministre envisage d'imposer une nouvelle contrainte pour tous les projets d'établissements hors contrat: ils devront désormais passer le filtre d'une autorisation administrative en amont de leur ouverture. En clair, demain, une nouvelle barrière viendra se mettre sur la route de tous ceux qui veulent créer une école - et qui en rencontrent déjà suffisamment. Les familles en seront les victimes immédiates.
Les écoles hors contrat marquent la volonté de familles de transmettre leurs valeurs dans le projet éducatif de leurs enfants : dans certains quartiers de nos banlieues, elles sont notamment nées après que le Gouvernement socialiste a suscité une polémique sur la « théorie du genre ».
Depuis quelques années, on assiste en France (comme dans plusieurs pays voisins) à une dynamique nouvelle: celle de parents qui se réunissent pour créer des établissements nouveaux. Ici, c'est une école Montessori prisée des élites qui se crée ; là c'est le Cours Alexandre Dumas qui est plébiscité dans les quartiers de Montfermeil (93). Ce souffle d'énergie scolaire est l'illustration d'une saine détermination des citoyens à prendre en charge activement l'avenir de leurs enfants, de nos enfants. Il est également le révélateur d'une demande non satisfaite par l'Education nationale, dans son fonctionnement actuel.
Dans ce contexte, se développent aussi des écoles confessionnelles. (…) Certaines de ces nouvelles écoles inquiètent, légitimement, nos compatriotes, lorsqu'elles sont perçues comme étant des enclaves d'isolement communautaire et d'affirmation de valeurs qui semblent contraires à la République.
Le choix de l'interdiction et du couperet a été malheureusement fait par la Gauche pour assurer l'uniformisation des écoles en se débarrassant de tout ce qui n'est pas identique au Ministère central. Il s'agit d'une méthode radicale, dans un état d'esprit de surveillance et de contrôle totalitaire sur la liberté des individus et des associations. (…) C'est aussi un choix porté par un paradigme idéologique profondément inscrit dans la vision que la Gauche se fait de l'école: elle est un instrument de propagande, pour la théorie du genre, pour l'égalitarisme, pour porter le message qu'elle considère être, à tort ou à raison, le «sens de l'Histoire». Elle n'est pas un moyen de transmettre, mais une organisation destinée à formater. Vincent Peillon ne disait pas autre chose en 2013 lorsqu'il expliquait que l'ambition de la Gauche «consiste à regagner du temps public sur le temps privé», à éduquer les enfants dans la machine publique plutôt que dans le giron familial. Or, l'endoctrinement ne tolère pas la liberté.
Le choix du courage serait plutôt celui de la liberté scolaire, accompagnée en encourageant le développement des initiatives qui marchent. Cette voie, plus dynamique, confiante et positive permettrait de créer une offre scolaire qui obtient des résultats par ses méthodes pédagogiques. Ses succès contribueraient d'ailleurs à ce que des projets de nature communautariste n'aient même plus la demande nécessaire pour voir le jour. Ce choix conduirait à encourager la création d'écoles comme celles d'Espérance Banlieues ou tout autre type d'écoles indépendantes innovantes. Il devrait aussi permettre la création d'annexes ou d'antennes à des établissements des Apprentis d'Auteuil ou de toute autre institution qui a fait ses preuves.


Dans l'actualité
Image pour le résultat associé aux actualités
Les écoles hors contrat marquent aussi la volonté de familles de transmettre leurs valeurs .