"Vouloir que les femmes soient patrons du CAC40 n’est pas forcément un épanouissement!"



Excellente interview d'Eugénie Bastié
(...) Mais l'horizon, c'est quoi ? L'égalité quantitative partout ? Pour moi, le féminisme en tant que combat politique, c'était la libération de la femme de sa sujétion domestique. Vous ne pouvez pas exiger du 50-50 partout. Je crois fondamentalement en une différence des sexes, qui se déploient de manière différente. Vouloir à tout prix que les femmes soient patrons du CAC40 n'est pas forcément un épanouissement exceptionnel. Peut-être faudrait-il réfléchir au fait qu'une femme puisse apporter une vision autre de l'économie. Alors, oui, il subsiste des inégalités salariales. Mais ce palier incompressible que l'on observe dans toutes les études est principalement dû au fait que les femmes continuent à choisir le temps partiel plus que les hommes. Certains pensent que c'est subi. Moi, j'estime que c'est aussi choisi, parce que la femme a un rapport particulier aux enfants en bas âge et qu'elle veut continuer à s'en occuper, bien que trente ou quarante ans de propagande féministe leur aient dit de sortir du foyer.
Parce que les femmes font des enfants, elles n'auraient donc pas le droit à l'égalité salariale !?
Je dis simplement qu'il y a une différenciation fondamentale entre les hommes et les femmes, qui est le privilège exorbitant de la maternité. Cela introduit des différences dans la vie concrète des femmes. En effet, une femme est moins performante et moins disponible sur le marché du travail, parce qu'elle a des enfants. Du coup, beaucoup d'employeurs rechignent à les employer dans cette tranche d'âge. Ces différences systémiques sont dues à des différences de sexe. Soit on décide d'abolir cette différence et on dit aux femmes d'aller congeler leurs ovocytes pour pouvoir être aussi disponibles que les hommes, soit on essaye de réfléchir à une économie qui prenne plus en compte cette différence.
Et pourquoi l'homme ne pourrait-il pas s'occuper de sa progéniture ?
Parce que, de facto, la mère a plus envie de s'occuper de ses enfants. C'est une réalité dans toutes les enquêtes d'opinion. Aujourd'hui, encore un tiers des femmes voudraient être mères au foyer, parce qu'il y a un lien particulier entre la mère et l'enfant.
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Eugénie Bastié : "Jamais les filles n'ont autant été traitées de putes et de salopes..." ... Modifié le 11/05/2016 à 12:02 - Publié le 11/05/2016 à 11:25 | Le Point.fr.