De la part de Marielle


Un mien ami, destinataire de ces chroniques, m'a incité à aller voir cette comédie, mal aimée de la critique. J'étais réticent compte tenu du thème : le veuvage. Eh bien, j'ai passé un moment réjouissant.
Un schéma ultra classique : un vieux bougon solitaire qui tombe sur une jeune femme débordant de vie, à la méfiance initiale succède une complicité qui ressuscite le vieux. (A remarquer que je ne connais pas d'exemple où les rôles sont inversés : une vieille et un jeune).
André Dussolier, excellent comme toujours, campe Hubert, un obstétricien en retraite, veuf depuis peu, inconsolable, se laissant aller dans un grand appartement parisien, passant ses journées à faire des réussites et mangeant des sardines directement dans la boîte. Survient, au hasard d'un malentendu, une tornade blonde, Manuela, à la recherche d'un logement bon marché, poursuivie par son propriétaire -violent- pour loyer impayé, et dont le fiancé, parti en Indonésie, se fait attendre. En jouant sur la culpabilité sociale -laisser une jeune étudiante à la rue, avec tout ce qui peut y advenir, quand on a un appartement de 4 chambres pour soi tout seul- elle parvient à s'incruster, puis à obtenir la présence de deux autres colocataires -une infirmière et un avocat père de famille en instance de divorce. On observe la vie à 4 dans un appartement conçu pour un couple : les petits tracas du quotidien, les grands malheurs de chacun, l'émergence d'une complicité. On rit beaucoup, avec tendresse pour chacun des personnages : Hubert qui renait, Manuela dotée d'une énergie vitale proprement débordante, PG -Paul Gérard- brillant avocat, mais d'une gaucherie absolue dans la vie quotidienne- Valérie (?) infirmière passionnée par son métier, mais si fragile face à la souffrance, sans parler de l'ami d'Hubert, coureur de jupons invétéré, toujours à contre-sens.
Bref une comédie qui m'a rendu euphorique et où j'ai bien ri et de bon cœur.