J'ai été un deuxième enfant en Chine

L'an passé, la Chine mettait fin à la politique de l'enfant unique I GREG BAKER / AFP L'an passé, la Chine mettait fin à la politique de l'enfant unique

La politique de naissances planifiées était une expression qui nous terrifiait lorsque nous étions petits. Parfois, les personnes qui travaillaient pour le planning familial de la région venaient dans notre village et emmenaient avec eux les femmes enceintes, laissant leurs enfants en pleurs à l’entrée. Les grossesses les moins avancées étaient souvent interrompues. En cas de grossesse avancée, les fonctionnaires demandaient aux femmes de signer une déclaration dans laquelle elles promettaient de ne plus avoir d’autres enfants et de payer une amende. Un jour, quand j’avais environ 6 ans, cinq personnes du planning familial local vinrent dans notre village. Elles se ruèrent dans la maison de la famille Zhang et confisquèrent tous les objets de valeur avant de détruire le toit.
Je demandai à ma grand-mère pourquoi la famille Zhang était traitée de la sorte. Elle quitta des yeux les haricots qu’elle était en train d’écosser devant la maison. «Ils ont eu un deuxième enfant, me répondit-elle. C’est contre la loi
J’eus si peur que je sursautai, renversant le bol de haricots que ma grand-mère avait posé sur le sol. Je ne savais pas ce que signifiait «contre la loi», j’étais trop jeune, mais je savais que j’étais un deuxième enfant, puisque la famille et les voisins m’appelaient parfois «petit numéro 2». Les questions se bousculaient dans ma tête. De tous mes jouets adorés, lequel devrais-je cacher en premier avant que ces gens ne viennent démolir ma maison? Où devrais-je me cacher s’ils venaient me chercher? Et s’ils arrivaient à me trouver? Je passai cet après-midi-là cachée dans un coin de notre jardin. Les quelques jours qui suivirent, dès que j’entendais frapper à notre porte, je partais en courant rejoindre ce coin. Mes parents ne savaient pas ce qui m’était arrivé et mon frère ainé Liang commença à me surnommer sa «petite sœur bizarre».

J’ai demandé à ma mère s’il n’aurait pas été mieux qu’elle n’ait que mon frère. S’ils ne m’avaient pas eue, ils auraient moins hésité à voyager, à acheter des choses qui leur faisaient envie, ils n’auraient pas eu à faire attention à chaque centime de leurs revenus. «Mais sans toi, m’a répondu ma mère, toutes ces choses “meilleures” n’auraient eu aucun intérêt

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