Avez-vous vu l’Etat ? Je le cherche partout…

feucharonne
… Avez-vous vu l’État ? Il va me rendre fou…

Pour la première fois de toute mobilisation étudiante et lycéenne, des lycéens ont, à trois reprises, incendié leur établissement – le feu ne restant circonscris aux portes que par l’intervention1 des pompiers. Ainsi, désormais, dans l’imaginaire des manifestations lycéennes, une nouvelle modalité d’action a pris place. Il ne s’agit plus seulement de bloquer des établissements, de les dégrader éventuellement, mais encore de les incendier. Dans l’éventail des modalités d’action, un palier est franchi, un cliquet est engagé. Comment l’État a-t-il pu permettre cela ? Où sont les réactions de condamnation fermes que de telles actions auraient dû appeler ? Un communiqué de presse du ministre pour « condamner vivement ». Dérisoire papier.
Pour la première fois certainement, des commissariats ont été attaqués, par des lycéens (!) et plus car affinités. Ceci s’est reproduit cette nuit, (10 avril) un commissariat du XIème arrondissement étant « violemment attaqué »2. Comment ceci est-il seulement possible ? Dans quel état avons-nous collectivement glissé pour que l’on puisse penser qu’il faille protéger des commissariats (!) dans une situation autre qu’insurrectionnelle ?! Comment ceci a-t-il pu se produire sans une réaction de fermeté ? Un Etat qui se respecte sait montrer les limites de la contestation acceptable. Quand on attaque un commissariat, elles sont franchies. Quand, de surcroît, elles le sont dans un pays qui se prétend sous état d’urgence, cela confine à l’humiliation du pouvoir.