L'anneau de Jeanne d'Arc: "Il rentre en France!"

L'affaire commence le 24 février 2016. 
Ce jour-là, Me Jacques Trémolet de Villers, qui vient de publier un livre sur le procès de Rouen, alerte son ami Philippe de Villiers que l'anneau de Jeanne d'Arc, aux mains des Anglais depuis son martyre en 1431, sera mis aux enchères le 26 février par la maison Timeline Auctions de Londres. 

L'avocat connaît l'existence de l'objet, car il est mentionné dans les interrogatoires d'époque. Il s'agit d'un anneau en laiton décoré de trois croix et sur lequel est inscrit «Jhesus Maria». L'évêque Cauchon, qui devait condamner sa prisonnière pour sorcellerie, prétendait qu'elle l'avait utilisé pour accomplir de fausses guérisons. Peu scrupuleux, il le confisqua, puis le donna ou le vendit au cardinal anglais Henry Beaufort. A compter de ce moment, le bijou ne quittera plus l'Angleterre. 
Son authenticité étant crédible, Philippe de Villiers y voit aussitôt l'occasion de rapatrier une relique chargée de symbole.
Averti par son père, Nicolas de Villiers, président du Puy du Fou, décide de racheter l'anneau. Il reste alors moins de 36 heures pour réunir les fonds. «On se doutait que la vente allait battre des records, raconte Nicolas de Villiers. La Fondation Puy du Fou Espérance, en tant que personne morale, pouvait y participer à hauteur de 80.000€ mais pas au-delà. Nous avons donc fait appel à des donateurs et nous sommes arrivés à la somme de 350.000€.» Le 26 février, mandaté par la Fondation, un avocat se rend aux enchères de Londres. Mis en vente à 19.051€, l'anneau de la sainte affole la salle. Tout le monde surenchérit. Finalement, les Français l'emportent à 376.833€. 

Le porte-parole de Timeline Auctions se contentera de déclarer: «Il rentre en France».
Jean Louis Tremblais -le Figaro 03 mars 2016


L'anneau en laiton de Jeanne d'Arc.