Le bonheur en famille

On a beau dire, on a beau faire, aborder le sujet de la sexualité n’est jamais facile, en tout cas pas pour les parents. Il touche tellement à l’intimité ! Mais c’est incontournable … et les questions viennent vite de la part des enfants. Les nôtres ne sont pas différents et toutes les questions essentielles sur la vie, la mort, l’amour doivent arriver un jour sur le tapis, et même plusieurs jours !

Je redoutais un peu, car je ne me faisais pas d’illusions, il allait falloir recommencer pour chaque enfant, et surtout ne pas croire que lorsqu’on a dit les choses une fois, toute la famille est au courant. Non, c’est dommage, mais ça ne marche pas comme ça.
Chacun de nos enfants a ses questions, chacun doit avoir ses réponses….

Je ne sais plus très bien comment notre aînée a abordé le sujet la première fois, mais je ne pouvais pas me cacher qu’on y était. Il allait falloir répondre : un bébé, c’est qui, c’est quoi, il vient d’où, etc etc. Cela ne lui paraissait pas une question compliquée, non, devant sa petite sœur encore tout bébé, elle voulait savoir c’est tout.
Notre fille devait avoir 5 ans. Ce n’est pas grand. Je devais trouver une réponse adaptée à l’âge et à la question du jour. Ni trop, ni pas assez. En une seconde la panique m’a prise, avec un objectif : gagner du temps.
« Bon écoute, ma petite biquette, c’est un peu la bousculade, là et ta question est importante, si ça ne t’ennuie pas on verra ça ce week end. » Coup d’œil un peu étonnée de notre fille, qui se demande bien ce que cette question toute simple a déclenché. Je crois bien que c’est la première fois qu’elle voit sa maman remettre une question à plus tard, mais bon, elle fait confiance.
Ah, je n’ai pas perdu de temps cette semaine-là. Réfléchir d’abord. Que dire à cet âge-là qui soit simple, vrai et de bon goût ? Je me plonge bien évidemment dans mon livre de chevet « j’élève mon enfant » et j’y trouve de bonnes indications. Visiblement, je ne suis pas la seule à être prise de court et comme je le prévoyais le dosage d’informations et la façon de le dire ont toute leur importance. Ensuite, j’appelle famille et amies au secours et me retrouve avec une petite bibliographie très intéressante. Je me plonge dans les livres, c’est une mine d’idées, d’informations et de dessins clairs et jolis,…
On devrait pouvoir s’en sortir ! Je dis on parce que figurez-vous que très lâchement, j’ai annoncé à mon mari d’un air dégagé : « Dis Bernard, Anne commence à poser des questions sur les bébés, d’où ils viennent tout ça…J’ai trouvé pas mal de livres mais je pense que ce serait bien que ce soit toi qui t’en occupes la première fois. Après c’est moi d’accord, je te promets. »
Coup d’œil de mon mari !!!... Mais j’ai de la chance, il a bien voulu et pour chaque enfant c’est lui qui a abordé le sujet. Les enfants s’en souviennent, et lui aussi. On en rit maintenant, mais ce n’était pas du tout facile.
Moi, ça m’a sauvé. Leur papa était dans le coup… et ça changeait tout.
Sur le fond parce que, pour que leur papa s’en mêle, il fallait que ce soit très important… et le message était clair, ils étaient chacun, l’heureux mélange de leur papa et de leur maman,
et sur la forme parce que cela me permettait de commencer par « tu sais, ton papa t’en as déjà parlé…. ».
Le plus dur c’est souvent l’introduction !
Janilec