La Nature fait se rechercher les garçons et les filles, et les rend amoureux…
Ou leur en donne l’illusion.

Peut-on avoir l’illusion d’être amoureux ? Oui. C’est ce trouble qui envahit tout à coup le garçon et la fille qui dansent ensemble, serrés l’un contre l’autre, ou qui leur fait se chercher la main dans l’obscurité du cinéma. Ce trouble n’a guère à voir, le plus souvent avec l’amour réel.
C’est un piège.

Il peut être, c’est vrai, naissance d’un amour véritable, mais presque toujours, à quatorze ou quinze ans, il n’est qu’émotion passagère, instinctivement vécue par deux êtres de sexe opposé, qui se plaisent pour le court moment où ils se trouvent ensemble.
Et sans fuir ce piège avec horreur, comme si c’était un mal, il faut :  s’en méfier, le connaître, et l’affronter les yeux ouverts.

Ce trouble est, en fait,  un appel de la Nature, qui n’a rien inventé de mieux pour assurer sa survie – c’est-à-dire la reproduction des êtres qui la composent.

Appel si puissant que des insectes volent en nuage des jours et des jours durant, pour trouver leur partenaire, que les anguilles parcourent des milliers de kilomètres sous la mer, que les chiens crient vers la lune, les nuits de printemps, et que les chats s’en vont, inquiets, fiévreux et humant l’air loin de la maison où ils sont nés, pour aller se battre férocement avec d’autres matous dans l’ambition implacable d’une chatte à conquérir.

L’homme n’échappe pas aux lois naturelles.
Il n’a pas à en avoir honte. Lui aussi fait harmonieusement partie de la Nature, au même titre que les mammifères parmi lesquels sa morphologie le classe avec rigueur.
Mais sa force véritable, da grande noblesse, c’est précisément de le savoir. Il ne doit jamais l’oublier.

Un chat, un chien, un poisson, un papillon aux ailes bleues, n’analysent pas plus les uns que les autres l’élan instinctif qui les porte impérieusement vers une femelle de leur race.

L’humain, lui, doit connaître l’existence de cet élan. Il lui faut en prendre conscience.

Est-ce à dire alors que l’amour ne serait rien d’autre ?
Ah si ! L’amour a une autre valeur. L’amour porte en lui un sentiment de tendresse et de respect qui le distingue, au premier abord et indiscutablement du seul élan instinctif.

A suivre…

Marie-Claude Monchaux