La guerre sur tous les fronts

Article rédigé par François Billot de Lochner, le 27 novembre 2015
Nous sommes en guerre : les dirigeants politiques le disent, les médias le proclament, les Français et les Françaises semblent désormais en être convaincus. Cela dit, de quelle guerre parle-t-on ?
Les actes du 13 novembre dernier, épouvantables par leur sauvagerie et consternant par leur lâcheté, ont consisté à tuer indistinctement d'innocents civils. Si guerre il y a, il importe de définir clairement qui est l'ennemi, quel est l’objectif final de cet ennemi, et comment le combattre. Force est de constater que les déclarations mensongères de Mme Taubira, mercredi dernier, à l'Assemblée nationale, sous le regard cautionneur du Premier ministre, montre très clairement que le verbiage tient lieu de ligne et d'action politiques. Ce n’est pas ainsi que l’on gagne une guerre.
En outre, la guerre actuelle se limite-t-elle à ce seul « front militaire » ? Sur cette question, l'éditorial lumineux qu'a rédigé le rédacteur en chef du journal Famille chrétienne de cette semaine doit être médité. Son titre : Pornographie, l'autre guerre. Aymeric Pourbaix, avec une grande lucidité, explique en substance que la pornographie est un tsunami mondial, qui ravage la jeunesse dans ce qu’elle a de plus intime et de plus sacré. Il s'agit donc bien d'une guerre, mais sur un autre front, celui des valeurs morales. Là aussi, les fragiles lignes de défense sont enfoncées.
En réalité, hélas, la guerre fait rage sur tous les fronts. Ainsi, le monde économique, seul créateur de richesse et de prospérité, ne cesse de subir les assauts répétés du monde politique, aboutissant au chômage, au déficit, au déséquilibre social, à l’accroissement de pauvreté que nous connaissons. De même, les forces puissantes de la déconstruction culturelle, à l'oeuvre depuis un demi-siècle, gagnent tous les combats dans leur action de promotion de l'anti-culture. Quant à la guerre déclarée à la famille, cellule de base de la société, son degré de violence atteint désormais des niveaux extrêmes.
Nous vivons donc bien une guerre générale, impliquant que nous nous battions, dans la mesure de nos moyens, sur tous les fronts, militaire bien sûr, mais aussi politique, économique, social, moral et culturel. La tâche que nous nous avons le devoir de mener est immense, mais ô combien nécessaire pour que la France échappe à la mort !