LE TABLIER DE GRAND-MèRE


Les mères et grand-mères portaient un tablier par-dessus leurs vêtements pour les protéger car elles avaient peu de robes de rechange. En fait, il était beaucoup plus facile de laver un tablier habituellement en coton qu'une robe, une blouse ou une jupe, faites d'autres tissus.

Le principal usage du tablier de grand-mère 
était de protéger la robe en dessous,

mais en plus de cela, 

il servait de gant pour retirer une poêle brûlante du fourneau,
il était merveilleux pour essuyer les larmes des enfants, 
et à certaines occasions pour nettoyer les frimousses salies.

Depuis le poulailler,  le tablier servait à transporter les oeufs, 
les poussins à réanimer,  et parfois les oeufs fêlés qui finissaient dans le fourneau.

Quand les visiteurs arrivaient 
le tablier servait d'abri à des enfants timides,
d'où l'expression : "se cacher dans les jupons de sa mère"

Par temps  frais, maman le relevait pour s'y emmitoufler les bras et les épaules 
Par temps chaud, alors qu'elle cuisinait devant le poêle à bois, 
elle y épongeait la sueur de son front.

Ce bon vieux tablier faisait office de soufflet, agité au-dessus du feu de  bois. 
C'est lui qui transbahutait les pommes de terre,  et le bois sec, jusqu'à la cuisine.

Depuis le potager,  il servait de panier pour de nombreux légumes. 
Après que les petits pois avaient été récoltés, venait le tour des choux.
En fin de saison, il était utilisé pour ramasser les pommes tombées de l'arbre.

A l'heure de servir le repas,  grand-mère allait sur le perron agiter son tablier, 
et les hommes aux champs savaient aussitôt qu'ils devaient passer à table.

Grand-mère l'utilisait aussi pour poser la tarte aux pommes à peine sortie du four 
sur le rebord de la fenêtre pour qu'elle refroidisse, 
tandis que, de nos jours, sa petite-fille la pose là pour la décongeler.

Il faudra de nombreuses années avant que quelqu'un invente 
quelque objet qui puisse remplacerce bon vieux tablier 
qui servait à tant de choses.

On deviendrait bien fou aujourd'hui 
rien que de songer à la quantité de microbes qui pouvaient s'accumuler sur le tablier en une seule journée !!
Mais aussi, quelle quantité d'amour !
de Mme Francine ANDREOLETTI 
(l'Echo d'Oranie)


Merci Martine de nous avoir transmis ce beau texte.
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