"Le bonheur en famille" - Encore une panne!


Je ne sais pas si nous n’avons pas de chance ou si c’est dans toutes les familles pareille, mais les maisons ou appartements que nous avons habités ou habitons, souffrent toujours d’un déficit de puissance électrique au compteur. A chaque fois que nous déménageons la première panne reste toujours une grande surprise car nous espérons bien sûr, plus ou moins consciemment, que cette fois nous serons à l’abri de ce genre de plaisanterie.

Après l’Auvergne, nous voici dans un petit village près de Grenoble. Les hivers sont rigoureux et la neige tombe en abondance.
Nous aimons bien.
Si les enfants ne peuvent pas aller à l’école à luge ou  à ski comme en Auvergne, ils profitent à plein des stations toutes proches avec le club du village.

Nous sommes mercredi soir. Les trois aînés sont rentrés épuisés et ravis de leur journée, les skis sur l’épaule et les yeux brillants de plaisir et de fatigue.
Vers 6 heures, je les envoie jouer dans leur chambre avec leurs petites sœurs pendant que je prépare le dîner. Il fait bien froid dehors et les radiateurs électriques tirent à plein. Tout d’un coup, clac …. Tout s’est éteint dans la maison. 

Une seconde d’un silence stupéfait envahit la maison et puis des hurlements se font entendre. Là-haut les deux petites filles de 3 et un an sont terrorisés. Je profite du moment où elle se taisent pour respirer, et du bas de l’escalier, je crie : « La haut ? « Oui »  me répondent les trois aînées, « ça a disjoncté, mais dites à vos petites sœurs que ce n’est pas grave. Je vous prépare une surprise ! »
Je réfléchis à toute vitesse, nous avons déménagé récemment et je ne sais plus où sont les grosses bougies. Je n’ai sous la main que les bougies d’anniversaire qui ont déjà servi depuis que  nous sommes ici. Première chose il faut que j’apporte de la lumière là-haut, au plus vite. A la lueur des allumettes, je sors à tâtons un quatre quart du placard, y enfonce cinq ou six bougies d’anniversaire et mets les trois qui restent sur le morceau de beurre qui traîne sur la table de la cuisine. Allumé, c’est très joli tout ça. Je monte avec mes petites lumières et suis accueillie par des cris de joie. Ça vous a un air de fête tout ça !
Là-haut les cris se sont tus et on entend même quelques petits rire: " On dirait qu'on joue à minuit sonnant"* dit une petite voix. "Çà fait trop peur répond une autre". 
Il est temps d'intervenir.

« Bon, les enfants, je vais réenclencher le compteur, mais ça ne fait rien, aujourd’hui c’est dîner aux chandelles. Prenez un bon bain et mettez-vous vite en pyjama. Je vous prépare un gros chocolat chaud avec le gâteau. Ça vous va ? »
Oui, ça leur va très bien cette petite fête improvisée. ! La panique est loin !... 

Et moi je découvre qu’un grand bol de chocolat chaud et un bon quatre quart pour le dîner du mercredi soir, après le ski, c'est une excellente solution. !!
B. Janilec

*"Minuit sonnant" est un jeu de cache-cache dans le noir.
                                           ************** 29 octobre 2015