FEMME AU FOYER OU WORKING WOMAN? Qu'en pensez-vous?


"En réponse  à Agnès, un témoignage qui ne vaut pas conseil : à chacun  ses  choix 
Une question de génération? De culture? D’éducation ? Un peu de tout ça à la fois?

Je suis passée du côté  des "grands -mères" , ça m’a fait tout drôle.
Lorsque nous étions en âge d'avoir des enfants au début des années 80 (c'était hier), mai 68 commençait  à être de l'histoire ancienne ; les mouvements féministes étaient actifs et la pilule déjà complètement banalisée. Comme vous nous avions donc le choix d'avoir des enfants, un peu, beaucoup ou pas du tout. 

Ma mère n'a pas eu ce choix : elle s'est  mariée peu après la guerre, a enchainé les grossesses ( 6 enfants dont 3 filles).
De condition modeste , elle a connu une vie de labeur entre  foyer et  travaux des champs .Les études lui paraissaient  le meilleur ascenseur social.   Au prix de beaucoup de sacrifices, nous avons donc tous été envoyés dans des internats privés.
Féministe avant l'heure, heureuse en ménage mais réaliste et bien que catholique fervente opposée au divorce,  elle disait que les filles devaient faire des études au même titre que les garçons pour ne pas avoir à dépendre toute leur vie d'un  mari qui se révèlerait insupportable. C'était tout à fait avant-gardiste dans le monde rural à cette époque.

Pour moi, lorsque les enfants sont arrivés à 20 mois d'intervalle, la question s'est posée évidemment, et j''ai fait le choix du mi-temps.  
Je n'ai pu me résoudre à arrêter de travailler pour 3 bonnes (?) raisons.

-La première : par sécurité, pour garder un pied dans le monde du travail et avoir la possibilité de  reprendre à tout moment, à plein temps  au cas où un jour, pour une raison quelconque, j’aurais eu à élever mes enfants seule : la vie nous réserve parfois de douloureuses surprises. 
-la deuxième : par respect et reconnaissance envers mes parents qui ont  trimé  pour me payer des études. 
-la troisième : pour exister autrement qu'en tant que "femme de...», avoir des contacts extérieurs, et une (petite) indépendance financière : héritage  de mon éducation certainement

Les enfants n'ont pas été malheureux, j'étais là pour eux à la sortie de l'école, et le mercredi mais je me sentais épanouie et reconnue avec mon activité professionnelle, même réduite

N'oublions pas non plus que les petits vont devenir grands et quitter le nid et que ce jour-là il y aura un grand vide à combler.  Le bénévolat a ses limites : le manque de reconnaissance  finit par lasser. Mes amies "femmes au foyer" sont passées par le stade du coup de blues passager à ce moment là.

Avoir le choix est une chance, faire le bon choix est un challenge .................
Bonne cogitation."

Marie-Rose
                                                                 ********** 19 octobre 2015