"Après sa visite aux Mureaux, Manuel Valls a annoncé une batterie de mesures pour les banlieues : parmi celles-ci, l'instauration d'un diplôme national de hip-hop et le soutien à la réalisation d'oeuvres de street-art."


(par André Bercoff)

"Quand Fleur Pellerin entend le mot «culture urbaine», elle sort, sous les bravos, son carnet de chèques.

Point de méprise: le hip-hop, le street art et les musiques urbaines peuvent engendrer de très belles œuvres et font partie intégrale, sinon intégrée, du paysage contemporain. Mais ce qui est hallucinant, c'est cette rage étatique de tout récupérer dès l'embryon, dans des domaines dont la qualité, l'originalité et le talent sont dus essentiellement à leur ADN rebelle, marginal, souterrain.
Il serait facile d'ironiser, de parler de cautères sur des jambes de bois, des 50 milliards déjà déversés sur les cités sans que diminuent d'un centimètre carré les territoires perdus de la République, qui ne sont pas perdus pour tout le monde.
Drogue et délinquance, communautarisme et exclusion, incivilités et tensions, précarité et chômage: ne jetons pas la pierre aux gouvernements successifs qui ont tout essayé, tout donné, tout distribué, sauf l'essentiel: un cap, une autorité et la conscience qu'au-delà d'une certaine limite, les tickets hors-la-loi ne sont plus valables."
Courage du pouvoir et pouvoir du courage: vertus rares.
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