L'histoire de la France pour nos enfants - Moyen-Age: les églises romanes


Dans un monde qui se transforme, des nouvelles églises sont construites.
Jusque-là les églises n’étaient pas construites en pierre et leur toiture reposait sur une charpente en bois, comme les maisons.
Pour obtenir des constructions durables, à partir du 10ème siècle, elles sont bâties en pierres taillées et couvertes d’une voûte de pierre sur toute la longueur de la nef centrale.
La voûte forme une sorte de berceau renversé et dessine une demi circonférence appelé arc en plein cintre ou arc roman.
Le poids de ces voûtes sur les murs étant considérable, on ne pouvait ouvrir de grandes fenêtres ; des contreforts extérieurs renforçaient les murs épais.
Les églises romanes se trouvent surtout en Bourgogne, en Poitou, en Auvergne, en Provence, en Languedoc.

Le rôle de ces églises est important.
Les lieux de culte jouent aussi le rôle de gîtes d’étape ou lieux de pèlerinages ; ils sont nécessairement spacieux.
Pendant la nuit on y dispose de la paille pour y coucher des voyageurs.
Pendant la journée de vastes processions accompagnées de chants religieux, se déroulent devant les chapelles rayonnantes où l’on conserve les reliques.

Ce sont aussi de merveilleux livres d’images.
Pour la majorité des gens du peuple qui ne sait pas lire, l’église est un merveilleux livre d’images.
De magnifiques sculptures
montrent la lutte des vices et des vertus, racontent l’histoire du Christ ou la vie exemplaire des saints.
Des peintures aux vives couleurs éclairent les murs sombres.
La colonne ou pilier sert à supporter une partie de l’édifice ; elle est toujours surmontée d’un chapiteau le plus souvent sculpté.

L’église romane est enfin le lieu d’une fête éblouissante pour les fidèles de cette époque.
Des richesses s’y entassent : livres saints richement enluminés, objets de culte en métal précieux, pièces de tissus brodés d’or et d’argent, peintures, sculptures, mosaïques.
La musique du chant choral, qui accompagne toujours la prière, est une parure supplémentaire.
La présence de reliques, enfin, vient ajouter le mystère à la féerie du lieu.

L’Eglise tente d’adoucir les mœurs des seigneurs.
« La millième année, les évêques, les abbés… commencèrent à réunir tout le peuple en des assemblées où l’on apportait de nombreux corps de saints et d’innombrables châsses (sortes de coffrets) remplies de reliques… (Ils indiquaient) ce qu’il était défendu de faire et les engagements … qu’on avait décidé de prendre… (dont le plus important) était d’observer une paix inviolable ». Chronique de R. Glaber, 11ème siècle.
Les seigneurs faisaient serment d’observer certaines règles de morale.

Dans un monde difficile, l’église donnait à tous l’espoir du paradis.
Rose Gralhon

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