"Le bonheur en famille: Rentrée des classes"


On n’est jamais sûr de faire le bon choix et de toute manière dans tout choix il y a du bon et du mauvais ; le tout c’est de ne pas se tromper dans les proportions et espérer que dans celui qui est fait, il y a plus de bon que de mauvais.

Le problème qui se posait à nous était la rentrée au lycée de notre fille aînée.
A cause des mutations elle avait déjà beaucoup changé d’établissements mais vraiment, le lycée où elle devait entrer à la suite du collège déclinait d’année en année tant par son niveau scolaire que par le laxisme qui tenait lieu de discipline.
En plus du souci d’une mauvaise scolarité je commençais à craindre la violence qui jaillissait de tous les coins de cet établissement.

Que faire ?
Cette question était au cœur de nos discussions avec mon mari.           
Nous n’avions pas trente-six choix.
Soit nous la laissions là et elle était à côté de la maison  avec ses frères et sœurs, soit nous la mettions dans la grande ville voisine où un des lycées, assez proche de la gare jouissait d’une bonne réputation.

Il fallait alors demander une dérogation et que notre fille prenne l’option grec ancien. Le problème devenait un problème de temps et de fatigue. Les cours commençant à 8 heures, une demi-heure de train, un quart d’heure à pied de chaque côté, il devenait obligatoire que le réveil sonne le matin vers 6 heures et demi.
Et le soir le retour se ferait au mieux à 6 heures et demi et au pire à 7 heures et demi voire 8 heures. Il faudrait qu’elle fasse en plus son travail dans le train.

Nous lui avions bien sûr demandé son avis mais si elle souhaitait vraiment quitter cet établissement où elle ne se sentait pas à son aise, la perspective des journées qui l’attendaient, l’effrayait beaucoup.
La décision fut prise de demander le grec et le bon lycée et de voir si notre fille serait acceptée. A notre surprise elle le fut et c’est ce qui a décidé notre choix.

Je pense que la première semaine de la rentrée fut pour elle un cauchemar. Elle n’était pas du tout habituée à ces horaires et son cartable pour la journée pesait une tonne. Au fur et à mesure que les jours passaient je la voyais de plus en plus fatiguée et en fin de semaine je décidai d’aller à sa rencontre, à pied car je n’avais pas de voiture.

J’ai vu arriver devant moi un zombie, elle ne m’a même pas reconnue !
C’est tout juste si elle a souri lorsque je lui ai pris son cartable. J’étais effondrée et prête à la rechanger d’établissement si elle le souhaitait.  C’était affreux.
Mon mari m’a cependant, conseillé de ne pas brusquer les choses, et nous l’avons laissé dormir tout le WE.
A ma grande surprise le dimanche soir elle était prêtre à reprendre le collier le lendemain.

Jamais elle ne nous a demandé de quitter son nouveau lycée. L’année suivante son frère la rejoignait et à deux tout est tellement plus facile !

Aujourd’hui grâce à ça, c’est elle qui enseigne le Français, le latin et le Grec à de charmants ou moins charmants enfants de la région parisienne.
B. Janilec

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