« Le bonheur en famille » : Gourmande, moi ? Peut-être…


On dit toujours que lorsque l’on attend un bébé, une envie irrésistible de quelque chose peut vous prendre. Pour moi c’est plus systématique et général qu’irrésistible et ponctuel. Je ne pense même pas que ça ait un rapport avec l’attente d’un bébé. Je suis gourmande, voilà.
Ce qui change c’est que lorsque j’attendais un bébé je me sentais tout à fait autorisée à me laisser aller. Ce n’était pas du tout l’avis d’une de mes amies, médecin naturopathe qui avait entrepris de faire changer mes habitudes.
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Ayant constaté que le sommeil est une grande et bonne chose pour les enfants j’ai toujours voulu qu’ils fassent une bonne sieste après le déjeuner au moins jusqu’à trois ans. En plus cela m’arrangeait bien car cela me permettait d’avoir une heure ou deux tranquilles. Et j’en avais bien besoin. 

Bien évidemment à cet âge-là, ils n’en ont pas forcément envie au départ. Donc après leur avoir mis des livres et des jouets dans leur lit au cas où ils auraient un peu de mal à s’endormir où s’ils se réveillaient tôt, il me restait à trouver quelque chose qui les inciterait à aller dans leur lit sans grogner.
Rien de tel que des bonbons lorsque l’on n’en a pas souvent. J’avais donc pris l’habitude de mettre deux petits bonbons sur l’oreiller.  Le problème c’est que moi-même, j’avais du mal à résister et ce n’est pas simplement deux petits bonbons que je prenais, mais beaucoup plus.

Un jour donc, cette amie naturopathe venu prendre le café, découvrit qu’après avoir mis deux petits Jésus en sucre sur l’oreiller de notre petite fille, j’en avalais avec constance et bonne humeur une bonne dizaine.
Oh, là, là, cela ne lui a pas plu du tout. Elle m’a dressé une situation tellement épouvantable de ce qui allait arriver à mon bébé et à moi, qu’à moitié paniquée, je ne me suis plus sentie autorisée à continuer.
« D’ailleurs », m’a-t-elle dit, « tu vas voir, à la prochaine visite, ton gynéco va te remonter les bretelles en voyant les résultats de ta prise de sang et ça sera bien mérité. »
J’ai donc arrêté de manger mes petits Jésus en sucre et après avoir fait ma prise de sang, je me suis rendue la tête basse chez le toubib. A ma grande surprise il n’y a pas eu d’éclat, pas de drame, il trouvait que tout allait bien.
J’ai vaguement insisté : « euh, le sucre, non, rien de spécial ? » « Non, Madame, tout va bien » « et le poids, ça va ? » « Oui, oui, madame, tout va bien ne vous inquiétez pas ».

Oh, tout de suite le moral est monté en flèche. Je suis sortie du cabinet médical, un sourire jusqu’aux oreilles, j’ai traversé la rue et suis rentrée dans la boulangerie qui m’attendait là, juste là. Et sans aucun complexe, j’ai demandé et mangé la plus grosse meringue que j’ai pu trouver !

Inutile de vous dire que la gourmandise est une qualité…ou un défaut que j’ai largement transmis aux enfants. Mais ne dit-on pas que les gens gourmands sont des gens heureux ?
B. Janilec
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