A propos des femmes de militaires au foyer, et de toutes les autres.


Du blog de Tante Poppy,
Bien le bonjour chères amies.
Je sais que dans mon article d'hier j'ai dit que je tentais d'arrêter de râler. Mais définitivement je suis et mourrai révoltée. Alors un coup de gueule aujourd'hui, parce que ça fera du bien à tout le monde et surtout à moi (et celui-ci est libre de droit, alors que celles qui le souhaitent le publient où elles veulent, je sais qu'on m'a comprise).
Vous pensez qu'une femme qui ne travaille pas, une "ménagère" fait ce qu'elle veut quand elle veut et surtout rien du tout?! Bienvenue dans ma vie! Rien ne s'y passe jamais comme prévu, et on ne se pose pas souvent les fesses devant la télé (du moins pas avant 20h30)…
Du fait de ma "condition", je ne touche aucune aide de l'état. Je n'ai droit ni au chômage, ni aux APL, ou au RSA. C'est tant mieux car je ne veux rien coûter à la société. Elle ne me doit rien et JE ne lui doit rien. Pas plus qu'à ceux qui me diront que je ferai mieux d'aller travailler.
J'économise à vos impôts des places en crèches, des aides, de la pollution, mes enfants seront en meilleure santé et coûteront moins cher à la sécu. Je vous fais aussi grâce du pôle emploi et de ma retraite que vous n'aurez jamais à payer.
Oui je vis bien. Et j'emmerde ceux qui me le reprochent. Mon mari risque sa vie depuis bientôt 15 ans pour protéger le pékin moyen qui part au boulot en pestant contre l'avis de RMC sur le match de la veille, mais qui zappe consciencieusement les infos sur les crises internationales.
Il gagne sa vie (quand on n’oublie pas de le payer), il a signé, c'est vrai. Restons-en la n'est-ce pas? Vous changerez de chaîne lorsque sa photo apparaîtra sur vos écrans ornée d'un beau drapeau (dont vous vous rappellerez lors de vos précieux matchs).
Trois lignes en fin de JT, voilà ce qu'on accorde à ceux contre qui vous râlerez encore lorsque les conflits arriveront finalement à nos portes.
La prochaine fois que vous zapperez, pensez une seconde que l'homme fier et droit sur la photo est un père qui s'extasiait il y a encore quelques semaines sur les premiers mots de son fils. Un mari qui serrait sa femme le soir en se disant qu'il avait bien de la chance et qu'il fallait vraiment protéger son bonheur et celui des autres.
Et parlons un peu de celles qui restent maintenant. Petits bouts de femmes, vaillants aux sourires verrouillés sur "On" quel que soit le temps qu'il fait dans leur vie. Les connaissez-vous vraiment? Balancer comme une pierre à quelqu'un qu'elle a bien choisit son conjoint et la vie qui va avec est facile, jaloux peut être.
Amoureuse, il faut l'être pour supporter les absences, les contraintes, les moqueries parfois, les protocoles et l'avis négatif général qu'on porte sur l'armée. Est-ce de cela que vous êtes jaloux? Ou de la débrouillardise, de la force tranquille et de l'entraide dont ces femmes font preuve?
Citez-moi des endroits où l'amitié pallie autant à l'éloignement familial? Un endroit en France où les bras sont toujours grands ouverts même en pleine nuit? Où votre voisine vous accompagnera accoucher. Où cette autre vous ouvrira sa table pour que vous ne passiez pas Noël seule (alors La gentille petite femme de "militaire pomme de terre" vit bien loin de chez nous.
La gentillesse vous paraît cruche? Tant pis. Gentille elle restera. Et vous vous mordrez les doigts d'avoir pensé cela d'elle le jour où "gentiment" elle viendra vous tendre la main quand vous serez au plus profond de votre merde. même que toute sa famille est là)?
Corporatisme? Ça n'est pas vraiment mon genre, le monde est bien trop grand pour se limiter. Admiration? Oui. Totale et inébranlable depuis 5 ans. Pour celles qui m'entourent et dont je découvre chaque jour un peu plus les histoires incroyables, et parfois douloureuses.

Conne? Elle est loin de l'être, et rare sont celles qui résisteraient à la moitié de ce que certaines ont vécu.
Réac' ? Parce qu'elles soutiennent encore l'armée sur laquelle on crache et qu'on spolie comme on plumerait un poulet? Reparlons-en quand vous pleurerez pour qu'une patrouille défende l'école de vos mômes.
Alors voilà, la gentille petite femme change de ton. Parce que je ne me laisserai pas mourir honteuse sur le bord d'une route pour vous conforter dans l'idée que nous sommes faibles.
Faibles de ne pas travailler pour rester le pilier de nos familles misent à l'épreuve. Faibles de soutenir notre pays, et les pères de nos enfants.

Et à tous ceux qui pensent qu'être sincères dans ce monde est louche, je répondrai ceci:
Il peut mépriser ma vie et mes choix, mais le jour où il viendra me demander de l'aide, je lui dirai très sincèrement d'aller se faire voir.
Sincèrement vôtre.
Poppy
                                                                        **************