« Le bonheur en famille » : Aventures en Grèce (fin)


J’avais commencé avant de partir en vacances, à vous raconter notre voyage en Grèce il y a quelques années. En voici la suite :

L’aventure est partout et surtout là où on ne l’attend pas. Quand nous partions jeunes étudiants sur les routes du monde, alors il était normal que l’argent vienne à manquer, mais depuis que j’étais mariée, et que Bernard gagnait régulièrement sa vie, il nous suffisait de faire attention et nous pensions que les choses étaient réglées. C’est sans penser que tous les pays ne fonctionnent pas forcément comme le nôtre.
Nous sommes en Grèce depuis plus d’une semaine et cela fait un moment que Bernard me parait un peu tracassé, mais comme il est gentil et ne veut pas gâcher notre plaisir, il ne dit rien. Nous avons quitté la maison au bord du lac de Corinthe depuis trois jours et notre voyage en Grèce avec nos sept enfants est un vrai rêve.
Ce matin nous changeons de camping. Après Epidaure, son théâtre et la représentation d’Hélène,  nous allons explorer un autre coin du Péloponnèse en descendant plus au sud. Notre voiture, baptisée « le petit camion », je vous laisse deviner pourquoi, est comme nous : il a soif.
Bernard s’arrête dans une station-service et fait la tête. Je l’interroge. « Ah, ça me répond-il, ce n’est pas possible, ici non plus ils ne connaissent pas la carte bancaire. Je vais être obligé de payer en liquide, et je n’en ai presque plus. Pas moyen de trouver un distributeur de cash ! » Il continue : « Je n’ai pas le choix, je vais payer l’essence, mais j’espère que dans la prochaine ville on pourra régler ce problème d’argent qui devient ennuyeux. »

La prochaine ville c’est Nauplie, une assez grande ville très jolie. Pendant que nous visitons la ville, Bernard se débat avec les banques. La conversation est difficile quand on ne parle pas la même langue, surtout sur des sujets aussi pointus que l’argent. Ce qu’il comprend, c’est qu’il a déjà épuisé son quota d’argent liquide pour la semaine et qu’il ne peut donc plus en retirer. Les magasins, la plupart des campings et des stations-services ne sont pas équipés pour les cartes bancaires, et vivre ici à neuf, même en faisant très attention, nécessite un minimum d’argent. Cela va poser un vrai problème. Il finit par trouver une banque ou entre français et anglais la conversation peut se tenir.
Finalement, la communication se fait avec notre banque en France qui nous connaît et fait les opérations nécessaires pour que la suite de notre voyage se passe bien. Tout est bien sauf que…cela va prendre trois jours. Si le camping que nous avons réservé pour les prochaines nuits n’accepte pas la carte bancaire, nous sommes mal ! Enfin c’est ce que nous croyons, car le camping effectivement n’est pas équipé d’un lecteur de carte, mais le propriétaire, au lieu de nous jeter comme des malpropres, nous accueille les bras ouverts.

Je vous traduis ce que nous avons cru comprendre :  « Ah ! des Français, soyez les bienvenus, oui, j’ai compris, vous ne pouvez pas payer, ce n’est pas grave, vous ferez ça plus tard, quand vos problèmes seront réglés. Nous n’avons jamais accueilli de famille avec autant d’enfants. On aime les enfants ici. Allez vous installer dans cet emplacement, c’est le meilleur, vous y serez très bien et pour fêter votre arrivée, tenez : ».
Et il sort de sous son comptoir une bonne bouteille de vin grec qu’il tend à mon mari. « Allez, buvez ça pour vous remettre et profitez bien de votre séjour ici. »

Ah,  elles restent inoubliables ces vacances en Grèce, un pays magnifique, des gens d’une gentillesse incroyable et les malheureux problèmes qui pouvaient survenir se réglant de cette façon. ! ? On ne peut imaginer mieux. En plus, et pour ne pas être en reste, lorsque l’histoire d’argent s’est débloquée, Bernard m’a offert le plus joli collier qu’il ait trouvé à Nauplie.
Que du bonheur, je vous dis.
Brigitte Janilec. « Le bonheur en famille »
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