"Le bonheur en famille" - Aventures en Grèce (III)



Cela fait quelques jours que nous sillonnons, à partir du golfe de Corinthe, la partie nord de la Grèce. 
Nous ne nous éloignons jamais beaucoup de notre base car avec des enfants petits, la journée ne peut pas démarrer très tôt, et c’est sous la grande chaleur que nous roulons pour atteindre l’objectif de la journée. Delphes et le monastère d’Hosios-Loukas, quasiment vides de touristes restent de grands souvenirs de cette région.

Notre voiture est une sorte de petit camion, neuf places qui a l’avantage de posséder un énorme coffre. Pitou* est dans le siège auto, Youpi et Pipo sur des rehausseurs. Outre la sécurité, nous trouvons ces systèmes bien commode pour permettre, même aux plus petits de voir le paysage à travers la fenêtre.

Dans la voiture, en général l’ambiance est bonne. Nous avons acheté une cassette de musique grecque, et nous commençons à prendre nos marques. Bien sûr, la première fois que nous l’avons écouté, nous avons eu une certaine inquiétude, car à un moment, nous avons entendu une sorte de bom, bom, bom qui semblait venir du moteur. Dans la voiture tout le monde s’est figé, le regard tourné vers mon mari qui conduisait, jusqu’au moment où, la cassette continuant à se dérouler, nous avons compris que, ouf, ce n’était pas un mauvais bruit de la voiture mais simplement la musique de nos hôtes.
Le soupir de soulagement qui s’est échappé de toutes les bouches nous a bien montré que nous ne souhaitions pas vraiment tomber en panne dans ce pays où nous ne comprenons pas un traître mot de la langue.

A ce sujet, nos aînés ont été très forts. Car pour qui n’a jamais fait du grec comme moi, lire les panneaux indicateurs écrits en alphabet grec, relève de l’exploit, et retrouver les noms sur la carte lorsque l’on est dans le flou le plus complet est complètement impossible. Bien sûr, leurs études au lycée portaient sur le grec ancien, mais cela leur a permis de décrypter et de traduire de façon très naturelle les noms des villes ou des villages où nous passions. 

Quant à parler la langue, forts de nos précédents voyages, nous avons tout de suite appris aux enfants à dire : bonjour : kalimera et bonsoir kalispera, les indispensables merci : effaristo, s’il vous plaît : parakalo et excusez-moi : sighnomi. Et puis, nos amis grecs, au cours d’un bon repas, pris en terrasse de café, où nous nous étions retrouvés, nous ont fait répéter la phrase qui va nous ouvrir la porte du meilleur accueil : « Ligo nero sas parakalo » Ce qui veut dire : « je voudrais un peu d’eau s’il vous plaît »

Les grecs sont vraiment très gentils et ils aiment énormément les enfants, même s’ils en ont très peu. Voir notre petite tribu les remplissait déjà de joie, mais lorsque l’un ou l’autre des enfants, en particulier les plus jeunes se dirigeaient vers eux en leur demandant gentiment « ligo nero sas paracalo » ils leur auraient donné la terre entière. La conversation s’installait ensuite, quelquefois  un peu en français ou en anglais, mais le plus souvent, simplement avec des gestes et des sourires.

Il ne faut vraiment pas grand-chose pour rendre un voyage inoubliable.
B. Janilec      


* chaque enfant répond au nom d’un des « petits amis de Caroline » dessiné par P. Probst
   
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